CHAPITRE XXIII
du roi de Suède, Gustave IV, avait complètement échoue.
Au milieu de ce désarroi général de la coalition, la Prusse se trouvait placée par ses incessantes tergiversations dans une situation nonseulement fausse, mais menaçante et pleine de périls. Elle avait d'abord voulu rester neutre et refusé de se joindre au mouvement contre Napoléon ; puis elle «'était montrée profondément blessée de la.TÏolation de son territoire à Anspach par l'armée française. Profitant de l'irritation qu'éprouvait le roi de Prusse^ l'empereur Alexandre était accouru, et le 3 novembre i8o5, après un échange de protestations d'amitié et des serments prononcés sur la tombe du grand Frédéric, une convention avait été conclue à Potsdam, par laquelle Frédéric-Guillaume s'engageait à faire cause commune avec la coalition. Toutefois il voulut d'abord se poser en médiateur et faire à l'empereur Napoléon des propositions relatives à une paix générale, propositions qui, si elles étaient rejetées, devaient se changer en une déclaration de guerre. Tout d'abord, et comme première mesure, il mettait
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ses troupes sur pied. Ce fut le comte de Haugwitz, homme d'un esprit modéré et partisan de la France, qui fut chargé de cet e mission. Il arriva à Vienne le i8 novembre, et n'eut que le 28 une audience de Napoléon j dans laquelle on ne traita que de questions secondaires.
Les événements marchèrent rapidement; Austerlitz avait changé toutes les situations, et lorsque, le 7 décembre, Haugwilz fut reçu par l'empereur Napoléon, le temps d'imposer des conditions était passé, il fallait en subir. La Prusse se trouvait désormais seule en face du vainqueur qui venait de la surprendre en flagrant délit d'agression. Elle avait tiré l'épée du fourreau ; si elle ne s'en était pas servie, c'est que les événements avaient été trop ra|iides. Napoléon pouvait, avec 1 5o,ooo soldats enivrés de leurs triomphes, tomber sur la Prusse isolée, envahir la Silésie dégarnie de troupes, soulever la Pologne prussienne toujours frémissante: ce fut la menace qu'il fit entendre dans un véhément langage; mais il voulait une vengeance plus calculée et qui répondit mieux à ses fins :
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