CHAPITRE XXIV
Tandis que Napoléon l'alliait ainsi toutes ses forces, les tenait dans sa main et se préparait a une attaque contre l'armée prussienne , qu'il croyait tout entière réunie devant lui ; le duc de Brunswick, qui le 12 avait eu toute son armée concentrée dans la plaine de Weimar (122 bataillons, 172 escadrons et plus de 4oo pièces de canon), ne se doutant nullement le matin du i3 octobre qu'il allait être attaqué par Napoléon, qu'il croyait en pleine marche sur l'Elbe, avait ordonné les dispositions suivantes : r Le roi quittera aujourd'hui le camp de Weimar pour marcher jusqu'à Âuerstsedt et aller prendre le jour suivant la position de Freybourg, ayant sa droite à l'LJnstruth et le front le long de la Saate. Le prince de Hohenlohe est destiné à couvrir le flanc droit de cette marche, pour lequel objet il doit rester dans son camp de Capellendorf, jusqu'à ce que le duc de Weimar se soit rapproché du général Rûchel, qui doit, en attendant, occuper un campsur les hauteurs de Lehenstîedt, près de Weimar. En même temps, on donne au prince l'ordre de ne pas attaquer l'ennemi, en lui déclarant qu'il s'attirerait la
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plus sévère responsabilité s'il contrevenait à cet ordre. »
Ainsi, lorsque tout se préparait pour une attaque formidable de la part des Français, le roi de Prusse et son général en cbef s'éloignaient, emmenant avec eux les deux tiers de l'armée. Ce fut cette détermination qui donna lieu le lendemain au fait si extraordinaire de deux grandes batailles livrées h cinq lieues de distance, sans que les généraux en chef le sussent; ce sont les batailles d'Auerstsedt et d'Iéna.
Avant d'arriver à la journée du i4, je dois dire que l'empereur Napoléon avait adressé de Géra une lettre au roi de Prusse, qu'il chargea l'un de ses officiers d'ordonnance, Eugène de Montesquiou, de porter. On lisait dans cette lettre les phrases suivantes ; a La guerre est donc faite entre nous, l'alliance rompue pour jamais; mais pourquoi faire égorger nos sujets.^ Je ne prise point une victoire qui sera achetée par la vie d'un bon nombre de mes enfants. Si j'étais à mon début dans la carrière, et si je pouvais craindre les hasards des combats, ce langage serait tout à fait déplacé. Sire, Votre Majesté sera
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