‹ Traditions et souvenirsChapitre 46 sur 160 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

vaincue ; elle aura compromis le repos de ses jours, l'existence de ses sujets, sans l'ombre d'un prétexte. Elle est aujourd'hui intacte et peut traiter avec moi d'une manière conforme à son rang; elle traitera avant un mois dans une situation difTérente. j> Il terminait ainsi : « Je prie Votre Majesté de ne voir dans cette lettre que le désir que j'ai d'épargner le sang des hommes et d'éviter à une nation qui^ géographiquement, ne saurait être l'ennemie de la mienne, l'amer repentir d'avoir trop écouté des sentiments éphémères qui s'excitent et se calment avec tant de facilité pour les peuples, v

On n'a, en général, vu dans cette démarche qu'une espèce de ruse de guerre pour jeter de l'incertitude dans l'esprit du roi au moment du . combat et gagner du temps; au reste, Montesquieu, arrêté par les Prussiens, fut retenu par le prince deHohenlolie, et la lettre ne parvint au roi qu'à Auerstsedt, lorsque la lutte était déjà engagée.

Le roi parti avec l'armée principale, Hohenlohe restait dans la plaine d'Iéna avec 4o,ooo Prussiens et Saxons; derrière lui, à deux lieues,

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9b TBADITIONS ET SOUVENIRS.

était le général Rùchel avec 25,ooo; c'étaient donc 65,ooo hommes environ qui allaient se trouver devant Napoléon.

Le prince de Hohenlohe, s'attendant à voir arriver les Français par Magdala, avait placé son quartier général et sa droite à Gapellendôrf, sa gauche s'étendait jusqu'à la Scbnœcke.

Chose à peine explicable, rien de ce qui s'était passé dans lu journée du i3, ni l'engagement de son avant-garde avec Lannes, ni tout ce grand mouvement de troupes qui se faisait sur sa gauche et sur ses derrières, ni l'occupation du Laiidgrafenberg, ne lui avaient fait pressentir quel péril le memiçait ; aussi toute l'armée prussosaxonne, sans se douter de l'ouragan qui allait fondre sur elle, sommeillait paisiblement, comptant même, pour le lendemain i4, sur un jour de repos.

Cependant, dès quatre heures du matin, Na^ poléon faisait appeler le maréchal Lannes et lui donnait ses derniers ordres. Il fallait avant tout sortir de l'espace étroit oii on était etitassé, quitter les flancs de la montagne, ses ravins, et descendre dans la plaine pour s'y développer et y

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