CHAPITRE XXIV. JOI
et les rejetait pour toute la journée en dehors du champ de bataille. Ainsi , à dix heures , l'avant-garde de Hohenlohe , commandée par Tauenzien , avait été complètement refoulée ; on s'était débarrassé d'Holzendorf, et l'armée française pouvait librement se déployer sur uh terrain découvert. Pour le moment, Napoléon semblait se contenter de ce succès, voulant attendre Tarrivée d'autres troupes et celle de la cavalerie de réserve.
Quant aux Prussiens, le prince de Hohenlohe, malgré tout ce qui s était déjà passé, malgré tous les avis qu'il recevait, ne voulait pas croire à une attaque sérieuse. S'étant porté à son camp de Gapellendorf, il avait même fait rentrer des troupes qui prenaient les armes ; puis, sur tes instances du général Gravœrt, il se décida à le laisser partir avec sa division et la brigade saxonne de Dyhm, en tout vingt bataillons ; bientôt en6n, plus complètement renseigné et ouvrant les yeux à la gravité de la situation, se disant suivre par trente escadrons de cavalerie prussienne et saxonne, il se hâtu de conduire lui-même toutes ces troupes vers Vierzehn-
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heiligen. Ayant fait déployer son infanterie, il arrête la première ligne à mille pas en arrière du village ; la cavalerie était disposée en échiquier, toute prête à la soutenir et à descendre dans la plaine qui s'étendait par une douce pente jusqu'au bas de la position. EnHn, il plaça des batteries d'artillerie à droite et à gauche du village ; les troupes saxonnes sous les ordres du lieutenant général Zeschwitz occupaient la chaussée qui va d'Iéna à Weimar, faisant face à Remderode. C'est par là que devait arriver Augereau, débouchant du Muhithal et gravissant les pentes du Flohberg.
Pendant l'intervalle de repos qui succéda aux premiers mouvements/ et tandis que les Prussiens faisaient leurs préparatifs, le maréchal Ney, impatient de prendre quelque part à la lutte, et voyant que ses divisions d'infanterie n'arrivaient pas, avait pris le général Colbert avec son avant-garde, et pénétrant, malgré tous les obstacles, à la gauche du maréchal Lannes, il était venu se camper avec ses 4>ooo hommes en face du centre de la position de l'ennemi.
Son impatience avait été telle qu'il avait laissé
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