‹ Traditions et souvenirsChapitre 6 sur 160 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

qu'il venait d'arracher à l'Autriche, renforçait la ceinture d'États qu'il interposait entre elle et son propre empire. C'était, au reste, la politique que l'ancienne France avait toujours poursuivie.

Les princes allemands, les électeurs de Wurtemberg, de Bavière et de Bade , entraînés par l'ambition, le désir d'indépendance, par leur vieille jalousie contre le chef de l'empire germanique, étaient entrés avec ardeur dans la voie ouverte par Napoléon.

Mais alors, il faut le dire, le sentiment d'une patrie commune existait à peine en Allemagne ou était oblitéré par d'autres intérêts. Les princes ne pensaient qu'à celui de leur puissance; pour les peuples, et particulièrement ceux de la rive gauche du Rhin, qui étaient réunis à la France, voici ce qu'en dit un historien allemand , Pfister :

a Si les Allemands de la rive gauche sentaient moins la honte d'une domination étrangère, jc'est qu'ils venaient de se soustraire à la dépendance dans laquelle la cour de Rome tenait les Etats ecclésiastiques jadis situés sur cette

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rive, et que les petits États des princes et des .comtes du Rhin avaient toujours été despotiquement gouvernés '. »

Enfin, par nn de ces contrastes aveugles qu'on rencontre si fréquemoient dans les choses humaines, tandis que chacun à l'envi travaillait à détruire le vieil empire, qui en définitive était une forme incomplète, si l'on veut, mais enfin une forme de l'unité allemande, dans le pays de Bade, en Wurtemberg, en Bîivière, les souverains s'emparaient des biens de la noblesse immédiate, de ceux de l'ordre équestre teutonique enclavés dans leurs États, préparant ainsi à leur insu pour l'avenir de plus grandes spoliations et une nouvelle et plus complète unité.

Napoléon, avant de retourner en France, voulut cimenter son alliance avec les souverains allemands ; il fit épouser la fille du roi de Bavière à Eugène, son fils adoptif, qui fut créé vice-roi d'Italie, et peu après il maria au grandduc de Bade Stéphanie de Beauharnais, qu'il avait aussi adoptée. ,

< Hisioirt fjtUtmagnt , par J.-C. PHstcr, traduite par M. Paquîi

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