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CHAPITRE XXIII. U

Le 3o décunbre, Napoléon arriva à Munich. Le lendemain « une proclamation annonçait aux Bavarois que leur électeur était désormais roi. On vit alors au milieu de fêtes brillantes Napoléon, sur un trône, recevoir les hommages des souverains dont il venait d'agrandir la puissance. A ses côtés était l'impératrice Joséphine; il l'associait à l'éclat de sa gloire, et le cœur de la mère se remplissait d'orgueil et de joie en voyant son iîls Eugène recevoir la main de la princesse de Bavière et la couronne d'Italie , dont Napoléon, à défaut d'héritiers directs et légitimes, lui assurait la possession pleine et entière pour lui et ses descendants.

Stuttgard eut aussi ses fêtes, et, tandis que Napoléon parcourait l'Allemagne en souverain, recevant les hommages des rois qu'il avait faits, les prescriptions du traité de Presbourg s'accomplissaient : Venise rentrait avec joie dans le sein de la patrie italienne, et le Tyrol se voyait avec peine arraché à ses anciens maîtres pour passer sous la domination de la Bavière.

Sur un point éloigné seulement, aux bouches du Gattaro, se rencontrait un obstacle, une ré-

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ftistance imprévue : soit faiblesse, soit connivence de la part du gouverneur autrichien» une flotte russe avait pénétré dans le port et s'était emparée de Gattaro. L'armée française venait de quitter Vienne et se retirait des États héréditaires. Lorsque Napoléon reçut cette nouvelle, de suite il arrêta la reddition de Braunau et somma l'Autriche de mettre la France en possession de Cattaro.

Par suite de ces circonstances et s'appuyant sur des motifs fort plausibles, l'empereur des Français maintint ses troupes sur les deuK rives du Danube, position d'oii il pouvait surveiller l'Autriche et assurer l'exécution du traité de Presbourg en Allemagne. On veira d'ailleurs plus tard quel parti il en tira contre la Prusse.

liùssant alors le commandement de l'armée ù Berthier, il se mit en route pour la France. Jamais retour plus triomphal n'avait eu lieu; jamais peut-être l'histoire n'avait montré tant de victoires, tant de grands événements accomplis en ai peu de temps : moins de quatre mois avaient suffi. Ce n'élait pas seulement l'Autriche envahie, réduite aux abois, la Russie vaincue :

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