CHAPITRE XXVI
d'ascendant sur ce prince pour lui faire déposer les deux hospodars de Moldavie^ Ipsilanty et Morosi, nommés par l'influence de la Russie. C'était plus qu'il n'en fallait pour fournir un prétexte de guerre. L'empereur Alexandre pensait que, dans le cas où la lutte s'engagerait entre la Prusse et la France, il n'aurait à y prendre qu'une part secondaire. Croyant voir, au milieu du conflit des puissances occidentales, roecasion de pousser les limites de son empire jusqu'au Danube, il donna immédiatement l'ordre au général Michelson d'envahir les principautés danubiennes. Une armée russe de Gp mille hommes franchit le Dniester, le 3 novembre, et poussa sans rencontrer d'obstacles jusqu'aux frontières de la Servie.
Bientôt les nouvelles du désastre de la Prusse arrivèrent jusqu'à Saint-Pétersbourg, mais il était trop tard. Napoléon, franchissant la Vistule, au lieu d'avoir devant lui les forces réunies de la Russie, ne trouva que les corps d'armée destinés à servir d'auxiliaires aux Prussiens.
Le premier était de 5o mille hommes : 78 bataillons, 125 escadrons, 8 batteries de position
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et 4 d'aitillerie légère, le tout formant quatre divisions, sous le% ordres des généraux Ostermann-Tolstoy, Galitzin, Sacken et Sedmaratzki. Le commandant en chef était Bennîngsen, Hanovrien, depuis longtemps au service de la RusiÏQ. 11 passait pour un militaire instruit, mais n'avait pas l'habitude des grands commandements ; il était ambitieux, hardi, mêlant à son audace beaucoup de forfanterie. C'est lui qui, conduisant les assassins de Paul V, et les voyant hésiter, leur cria en leur montrant où était caché l'empereur : « Le voilà; si vous hésitez, je vous fais massacrer tous. »
Derrière cette première armée en arrivait une seconde commandée par le général Buxhowden. Bien qu'elle comptât à peu près le même nombre de bataillons et d'escadrons que l'autre, comme les pertes considérables qu'elle avait faites à Austeriitz n'avaient pas été réparées, son efi'ectif ne s'élevait qu'à 36 mille hommesau plus. Ses quatre divisions étaient soiis les ordres des généraux Tutschakow, Anrepp, Essen et Doctorow. L'ensemble des troupes russes au commencement de la campagne était de 85 mille hommes
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