CHAPITRE XXTI
d'administration, n'étaient en contact qu'avec leurs nationaux.
Ce fut de celte manière qu'on prévint le désordre, les dilapidations, le gaspillage, suites habituelles de l'envahissement et de la conquête, et que, tout en exigeant beaucoup. Napoléon sut se ménager, se procurer des ressources considérables. Nous le verrons bientôt arriver à un résultat surprenant: celui d'avoir pu rassembler et entretenir sur les bords de la Vistule des forces numériques plus considérables que celles que l'ennemi avait pu réunir chez lui-même.
£n6n les regards de Napoléon ne s'arrêtaient pas au théâtre de la guerre proprement dit ; son coup d'œil portait plus loin et son génie embrassait un plus vaste ensemble.
Dans sa pensée, la Perse et l'empire ottoman, ces deux ennemis naturels de la Russie, devaient être pour lui des alliés, et pouvaient créer en sa faveur une puissante diversion ; aussi, dans la prévisfon d'une guerre avec cette puissance, n'avait-il rien négligé pour s'assurer leur appui.
La Perse, poussée par lui, restait toujours en
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état de guerre avec la Russie et la forçait à entretenir une armée de trente mille hommes qui poursuivait autour de la mer Caspienne d'inutiles succès.
Quant à la Turquie, Napoléon, dès son avènement au pouvoir, avait fait tous ses ellforts pour effacer le souvenir de l'envahissement de l'Egypte. Le sultan Sélim, ébloui par le génie de Napoléon, par le spectacle de sa prodigieuse destinée, tout récemment encore impressionné par la grande victoire d'Austerlitz, oii venaient d'être vaincues les deux puissances dont il avait le plus à redouter, était de plus en plus favorablement disposé.
Dès le mois de juin, aux premières prévisions d'une guerre dans le Nord , l'empereur avait envoyé à Constantinbple le général Sébastian! , esprit fin, pénétrant, caractère ferme et résolu. Jeune et brillant général , les blessures qu'il avait reçues dans la dernière campagpe n'étaient pas encore cicatnsées lorsqu'il arriva à Constantinople.
Déjà deux fois il avait rempli près de Sélim de délicates missions. Bientôt il eut pris assez
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