‹ Traditions et souvenirsChapitre 81 sur 160 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Voici maintenant le langage qne Napoléon tenait à ses troupes ; « Soldats , il y a aujourd'hui un an, à cette heure même, que vous étiez , sur le champ mémorable d'Austerlitz ; les bataillons russes, épouvantés, fuyaient en déroute ou , enveloppés , rendaient les armes à leurs vainqueurs. Le lendemain ils firent entendre des paroles de paix ; mais elles étaient trompeuses : à peine échappés, par l'effet d'une générosité peut-être condamnable, aux désastres de la troisième coalition, ils en ont ourdi une quatrième. Mais l'allié sur la tactique duquel ils fondaient leur principale espérance n'est déjà plus. Ses places fortes, ses capitales, ses magasins, ses arsenaux, a8o drapeaux, 700 pièces de bataille, rinq grandes places de guerre, sont en notre pouvoir. L'Oder, ta Warta, les déserts de la Pologne, les mauvais temps de la saison, n'ont pu vous arrêter un moment. Vous avez tout bravé, tout surmonté ; tout a fui à votre approche.

<c C'est en vain que les Russes ont voulu défendre la capitale de cette aiicienne et illustre Pologne : l'aigle française plane sur la Vistule<

D.qit.zeaOvGoOt^ic

Le brave et infortuné Polonais, en vous voyant, croit revoir les légions de Sobieski de retour de leur mémorable expédition.

« Soldais, nous ne déposerons point les armes . que la paix générale n'ait affermi et assuré la puissance de nos alliés, n'ait restitué à notre commerce sa liberté et ses colonies. Nous avons conquis sur l'Elbe et l'Oder Pondichéry, nos établissements des Indes , le cap de Bonne- Espérance et les colonies espagnoles.

v. Qui donnerait aux Russes le droit d'espérer de balancer tes destins ? Qui leur donneriait le droit de renverser de si justes desseins ? Eux et nous, ne sommes-nous pas les soldats d'Âusterlitz*? Napoléon. »

C'était ainsi que, faisant l'un et l'autre appel à la justice de leur cause, les deux souverains, dans un langage fort diflérent , surexcitaient l'ardeur de leurs peuples.

Depuis trois mois, l'armée française n'avait cessé de marcher ou de combattre ; arrivée sur les bords de la Vistule, au lieu du repos qu'elle

* ComtpoHdaHix Je KapoUùR, tome XIV, n* 1 1 , 35a.

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