CHAPITRE XXV
Uoheniohe y était arrivé le 20; U apprit le combat de Halle, la marche rapide des Français débordant par la droite et gaguaut Berliu. H n'y avait plus dès lors à penser à la possibilité de se maintenir sur TËlbe ; il résolut donc de se porter le plus vite possible vers roder et de gagner Stetlin. La route la plus directe est par Brandebourg et Berlin; il ne pouvait la prendre sans s'exposer à rencoulrer nos colonnes. Il y en a une autre plus au nord par Ratbenow, Kuppin» Zebdenick, Prenstlow, enfin Stettin.
Il partit le 23, prenant cette direction, emmenant avec lui vingt-huit bataillons et dix-neuf escadrons; le gros de sa cavalerie, qui était cantonné vers Glandau, l'ayant rejoint avec d'autres troupes d'infanterie, il se trouva, le 25, à la téte de cinquante bataillons et de cent cinquante-neuf escadi'ous.
Mais, au lieu de marcher rudement au but et en
masse, il éparpilla ses troupes pour avoir des vivres, sans avoir même le soiu de faire ilanquer et couvrir sa droite par sa nombreuse cavalerie , qu'il porta au contraire à son extrême gauche vers Wittstock ; son infanterie marcha sur New-Ruppin, et il dirigea une fiûble avant-garde de cavalerie sur Zehdenick.
C'est à Zehdenick que se confondent les deux routes qui mènent à Stettin, celle que suivait Hohenlohe et celle venant de Berlin par Oranienbourg, et par laquelle pouvaient déboucher les Français. Zehdenick était donc le point qu'il fallait gagner à tout prix et en forces avant eux. Mais, pour cela, il eût fallu marcher plus vite que ne le faisaient les Prussiens. Lorsqu'ils avaient fait six lieues par jour, ils croyaient avoir fait tout ce qui était
possible, tandis que les Français ea faisaient douze ou treize (1).
Ge fat le 24 que rempereiir «ppirit qa*uiie colonne
considérable, sortie de Magdebourg, se dirigeait vers le Nord. Murât, après avoir poursoivi dans le Hartz les colonnes ennemies, sommé en passant Magdebonrg et battu le pays autour de cette place, venait d'arriver à Postdam.
L'empereur lui ordonna de porter immédiatement sa cavalerie légère à Oranienbourg, pour de là pousser des partis dans toutes les directions, et, dès qu*on aurait connaissance de l'ennemi, le poursuivre à outrance avec ses deux divisions de dragons et Umt son monde. Le maréchal Lannes devait le suivre et le sou tenir avec son infanterie.
Le général Lasalle, qui commandait Tavant-garda
de Murât [Ij^ et T'' de hussards), fut bientôt sur la trace des Prussiens. Dès le 27, il arrive à Zehdenick, tombe sur la faible avant-garde de Schimelpening, et la disperse.
Hohenlohe, qui espérait être lui-même le 27 à Zehdenick, le lendmain à Prenzlow, gagner ensuite le défilé de Locknitz et se trouver en sûreté le 29 à âtettin, éuit à Gransee lorsqu'il apprit la déftdte de son avant-garde. Renonçant alors à suivre la route directe, il se jeta à gauche pour gagner fiotzenbooi^, en passant par Faistenberg et Lychen, où il pensait retrouver Bliicher avec une partie de la cavalerie. Quant à Murât, toujours précédé par Lasalle, qui marchait sur MittenwaldOi &isant
(i) Lettre da maréohâl LaiuMe.
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