‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 103 sur 139 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Le 25, il laisaaitau eoips de Davout llioimeur d'entrer le premier dans Berlin, réglant lui-même les détails de ceUe marche triomphale des héros d* AuersUBdt. « Faites votre entrée dans le plus grand ordre et par division ; chaque division ayant son artillerie et marchant à une heure de distance Tune de l'autre. »

Le même jour, le maréchal Lannes faisait cerner Spandau par sa cavalerie légère, et sommait le gou- ▼emeurf qui se rendait sans résistance le surlendemain.

L'empereur entra hientét lui-même dans Berlin. La division de cuirassiers du général Nansouty , rangée en bataille des deux côtés de l'avenue de Dresde, formait la haie ; Tinianterie de la garde était conduite par le maréchal Lefebvre ; puis venaient les grenadiers à cheval. C'était après eux, et suivi de ses chasseurs à cheval, que marchait Napoléon ; il passa sous Tare de triomphe élevé pour le grand Frédéric. Il y avait à peine quatorze jours que la guerre était commencée, et c'était au milieu des sentiments les plus divers de surprise, dHnquiétude, de crainte, même aussi parfois d'admiration, qu'apparaissait, aux regards étonnés des habitants de Berlin, cet homme extraordinaire. Il était entré de môme l'année précédente dans Vienne (1). Ainsi, dans l'espace d'ime année, quelques jours avaient suffi pour vaincre les deux grandes monarchies de l'Allemagne.

U faut se reporter aux temps les plus reculés de l'histoire, aux époques pour ainsi dire ftbuleuses, pour re-

(1) Il y a toutefois une différence : Napoléon avait épargné ù Vienne l'entrée triomphale.

tiouYer un pareil spectacle, pour voir ainsi des nations enyahies, des rois, des peuples mis tout à coup à la merci du vainqueur. Et cette fois, ce n'étaient pas leà eohues do Darius fuyant devant la pique des Macédoniens. Non, ces nations vaincues, qui voyaient leurs foyers envahis, leurs plus glorieux souvenirs devenus la proie de Tétranger, étaient des nations braves, des plus guerrières qui fussent au monde, qui, elles aussi, avaient eu leurs jours de gloire, de triomphes, et possédaient à l'égal de leurs adversaires tous les moyens de défense et d'attaque que pouvait leur fiDumir la sdenee militaire.

Mais ce n'était pas tout : il était dit que de cette

grande armée dout la Prusse était si fière il y avait peu de jours encore, à peine si quelques milliers pourraient échapper.

Comme nous l'avons vu, le roi Frédéric-Guillaume avait un instant espéré que le prince de Hohenlohe, auquel il avait donné le commandem^t de toutes ses troupes après léna, pourrait reformer sous le canon de Magd^urg les nombreux débris qui se seraient réfugiés dans cette place. Mais la poursuite de Murât, de Ôoult et de Ney avait été tellement rapide, que les colonnes firançaises, poussant les colmmes ennemies, arrivaient en même temps qu'elles et les refoulaient dans la ville, hà nombre des troupes qui s'y entassait augmenta la confusion ; aussi Napoléon mandait-il : « Magdebourg est une souricière qui attire aujourd'hui tous les hommes égarés depuis la bataille ; il faut donc maintenant battre le pays à quinze ou vingt lieues ; alors on ramassera beaucoup de monde. »

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