‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 107 sur 139 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Magdebourg, » écrivait à Berthier le général du Taillis (1), chef d'état-major du ù*" corps. Mon père, de son côté, écrivait au maréchal Ney : « Je suis glorieux comme Français des succès de nos armes ; mais je vous stYOuerai què je suis peiné de ne pas y contribuer. Qu^avoiiB-nouB fait pour être édnH 0iand<mnég ? » Encore un peu de patience, et eux aussi allaient avoir à offrir on magnifique trophée*

Le maréchal ayant proposé de bombarder la ville, Tempereur approuva son projet et prescrivit lui-môme le mode de bombardement. Diaprée ses ordres, Berthier écrivit : « L'Empereur pense que la manière la plus avantageuse serait de commencer le feu avec deux mortiers, une pièce de canon et un obusier; deux heures après, quatre mortiers, deux obusiers et deux pièces de canon ; quatre heures après, six mortiers, trois pièces à boulets rouges et trois obusiers ; au bout de quarante-huit heures, huit mortiers, ce que vous avez d*obusiers et quatre grosses pièces à boulets rouges ; enhn, au bout de soixante heures, douze mortiers, vos six pièces de 24 et tous yos obusiers ; les habitants et la garnison ne pourront tenir à ce feu progressif.

« L*Bmpereur a .une grande confiance dans cette

manière de tirer, et par là il est impossible qu'en trois jours, le eammandant, quelque tenace qu'il soit, ne ▼eus demande à capituler. »

Il n'en fallut pas tant, et dès le premier jour du bombardement, les habitants, rassemblés sous les fenêtres

(1) '2H octobre, Schunebeck.

du gouverneur, menaçaient de se révolter s'il ne rendait pas la place.

Le maréchal Ney fit alors faire une noayelle sommation. Le général de Kleist rassembla un conseil de guem ; il y eut biea qaekpie discusnoii ; maïs que faire ? La garnison était nombreuse, sans doute, maïs composée d'éléments divers ; on avait peu de subsistances; le nombre des malades augm^tait chaque jour ; on savait enfin que l'enDemi était maître de Berlin ; la résistance ne pouvait sauver la monarchie, mais pouvait ruiner Magdebourg, et le temps n'était pas pour la Prusse aux désespoirs héroïques. On entra donc en pourparlen, et le 8 novembre fut. signée ime capitulation, par laquelle la ville de Magdebourg avec tout ce qu'elle renfermait, six cents pièces de canon et ses magasins, devait être remise aux Français. La garnison était prisonnière de guerre ; les officiers seuls gardaient leurs armes et pouvaient sur parole retourner chez eux.

Le jour fixé pour la reddition de la place, le soleil se leva resplendissant pour éclairer le triomphe des uns et rhumiliation des autres. Les deux divisions d'infanterie du 6^ corps, dans leur plus grande tenue, étaient rangées en bataille, fusant fiue aux remparts, la gauche à la hauteur de la porte par laquelle devait sortir la garnison. Les troupes du général Golbert avaient leur gauche appuyée à la même porte ; à leur droite vint se placer le maréchal avec son état-major de manière à former arec l'infantmie les ieux côtés d'un carré.

Le général de Kleist, sortit en tète de la garnison.

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