‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 111 sur 139 · CHAPITRE XXVI 3M · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI 3M

C6 priace pour lui faire déposer les deux hospodars de Moldayie, Ipsilanty et Morosi, nommés par rinfluenGe de la Russie. C'était plus qu'il n'en fallait pour fournir un prétexte de guerre. L'empereur Alexandre pensait que, dans le cas où la lutte s^engafferait entre la Prusse et la France, il n'aurait à y prendre qu'une part secondaire. Croyant voir^ au milieu du conflit des puissances occidentales, roccasion de pousser les limites de son empire jusqu'au Danube, il donna immédiatement Tordre au général Michelson d'envahir les principautés danubiennes. Une armée russe de 60,000 hommes franchit le Dniester le 3 novembre, et poussa sans rencontrer d'obstacles jusqu'aux firantières de la Servie.

Bientôt les nouvelles du désastre de la Prusse arrivèrent jusqu'à Saint-Pétersbourg, mais il était trop tard. Napoléon, franchissant la Vistule, au lieu d'avoir devant lui les forces réunies de la Russie, ne trouva que

les corps d'armée destinés à servir d'auxiliaires aux Prussiens.

Le premier était de 50,000 hommes : 78 bataillons,

125 escadrons, 8 batteries de position et 4 d'artillerie l^;ère, le tout formant quatre divisions, sous les ordres des généraux Oslermaun-Tolstoy, Galitzin, Sacken et Sedmaratzki. Le commandant en chef était Benniugsen, Hanoviien, depuis longtemps au service de la Bussie. Il passait pour un militaire instruit, mais n'avait pas • rhabitudedes grands como^dements ; il était ambi* tieuz, hardi, mêlant à son audace beaucoup de forfinr lerie. C'est lui qui, conduisant les assassins de Paul et les voyant hésiter, leur cria en leur montrar

était caché Tempereur ; a Le voilà ; si vous hésitez » je TOUS fiBiis massacrer tous. »

Derrière cette première armée en arrivait une seconde commaadéâ par le géaéral Buxhowdeu. £iea qu'elle comptât à peu près le même nombre de batoiUoas et d'escadrons que lautre, comme les pertes considérables qu elle avait faites à AuBterlits n'avaient pas été réparées, son effectif ne s*élevait qu*à 36 mille hommes au plus. Ses quatre divisions étaient sous les ordres des généraux Tutsehakow^ Anrepp, Ëssen, et Doctorow. L'ensemble des troupes russes au commencement de la campagne était de 85,000 hommes et 36 hatleries d'artillerie, auxquelles il faut ajouter les débris de l'armée prussienne sous les ordres du général Leslocq, formant un corps de 18,000 hommes (23 bataillons, 74 escadrons et 10 batteries).

Le 30 novembre seulement, lorsque les Français entrèrent à Varsovie, Alexandre donnait pour commandant en chef à ses troupes le vieux feld-maréchal Kamenski, qui, dans les guerres de Catherine, avait montré de l'énergie: choix, disait Tempereur Alexandre (1), désigné par Topinion publique. Ou le czar était bien mal renseigné, ou l'opinion publique était bien inspirée, car les écrivains russes eux<-mèmes ne parimt que de son ineptie et de sa férocité (2).

En même temps, Alexandre adressait à ses pett]deB un manifeste : « Bonaparte, y était-il dit, après s'être emparé de la couroune de France, après avoir, à force •

^1) Dans sa déclaration du 30 novembre. i) Voir les mémoires du comte de Ségur.

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