‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 126 sur 139 · SDR LE CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

SDR LE CHAPITRE XXV

SOULT A BbRTHIBR.

Gros-Wanzlebea, le 2â octobre IBOO.

A Sm AUêSU Sérémume le Prince de Neuehàtd,

Depuis hier à midi la cavalerie du corpa d'armée complétait r investissement de Magdebourg sur la rive gaache de r£ibe. Au matin, Fennemi avait fait rentier dansia vUle toutes les troupes qu'il avait en avant et nos grand'gardes

se sont établies à 600 toises de la place.

Hier Tinfanterie du corps d'armée a pris position en avant de Gros-Wanzleben, et en ce moment je la mets en marche pour la porter par Iraleben vers Meizendorf, et la cavalerie sera Jetée en avant, très au loin le long de FËlbe, afin de me r^idre maître du cours du fleuve dans cette partie et y foire Jeter un pont aussitôt que possible.

M. le maréchal Ney y fait prendre position à son corps d'armée en avant de Wanzleben ; ainsi nous sommes en par£sâte communication.

Les rapports que J'ai reçus sur Magdebourg portent que l^ennemi n* j a laissé que sept bataillons et deux régiments de cavalerie sous les ordres du lieutenant général de Kleist, et le restant de Tarmée a filé sur Burg où elle doit se réunir et, dit-on, se défendre si elle y est attaquée.

Un officier que j'ai envoyé à Magdebourg pour gendre

NOTES

des parlementaires que je retenids depuis six jours, a vu qu'il y avait beaucoup de confusion dans la ville. On chargeait à la hâte des effets de campement, et les rues étaient pleines d'équipages. Le général de Kleist a dit à rofUcier que j'avais envoyé qu'il espérait mériter Testime des Français par sa conduite dans la défense de la place. U s'est aussi beaucoup récrié sur les ûiutes que les généraux de Tannée prussienne avaient commises dans la campafi^ne.

Ls Marbchal Soult.

Lannbs a Napolûon.

BeliU, ^ octobre.

Sire,

Mon aide de camp Thomiéres arrive de Potsdam ; il y a trouvé deux députés de Berlin. Le général Gorfoineau les prend avec lui pour que Votre Majesté puisse les interroger sur la position de rennomi, qui s'est retiré derrière roder, où se trouve le Roi ainsi que la Reine. Le service de la capitale est fait par la garde nationale commandée par le prince Ferdinand, père de celui qui a été tué à Saalfeld.

Le 5« corps d^armée est par£ûtement rallié, et je partirai demain matin avec lui pour me rendre à Potsdam ; quoique je n'en aïe pas reçu Tordre, j'espère que Votre Majesté

Impériale no le trouvera pas mauvais, la troupe ayant besoin de manger. Je pense d'ailleurs que votre intention de nous diriger sur Berlin,

J'ai fait commaQ4^r des vivres à Potsdam pour cent inille hommes ; je 4onnerai les ordseii les plus sévères pour que cette ville, q^i offre des ressources, soit respectée.

Je désirerais savoir si TintentioA de Votre Majesté est que mon corps (Tarméc aille coucher demain entre Post-

ET PIÈCES JUSTIPIGATIirKS

dam et Berlin, pour pouvoir prendre après-demain avant la nuit une bonne position en avant de cette ville.

SOULT A BbhTUIBR

Au quartier général da HohenwaDslebeii, le S3 oclobie.

Par mon dernier rapport, j'ai eu riionneur de rendre" compte à Votre AUesse qu'on n'avait pu trouver au-dessus de Magdebourg un nombre suflisant de bateaux pour jeter un pont ; mais les recherches qu^on a faites aujourd'hui ont été plus heureuses : entre Schonebeck et Barby on a trouvé 60 bateaux dMne dimension assez grande ^ beaucoup de bois équarris. Aussitôt que j'en ai été instruit, j\ai envoyé des sapeurs et une compagnie de pontonniers pour prendre ces bateaux et les descendre jusqu'à hauteur de Westerliausen où le pont devra être jeté. Demain matin je serai de bonne heure sur les lieux et je compte que pour midi Topération sera très avancée.

M. le maréchal Ney a aussi envoyé les officiers du génie de son corps d'armée et des sapeurs pour le même objet; ainsi l'opération se fera de concert.

L'établissement du pont à Westerhausen parait avantageux en ce quUl débouche de suite sur les routes et qu'il sera appuyé par une tle, qui, quoique d*une grande étendue, est cependant susceptible d^ètre retranchée et même d^j former des établissements, puisqu'elle contient deux villages. Demain je ferai un mouvement à droite pour rapprocher le corps d'armée du point où le pont doit être jeté et le mettre ainsi à même de déboucher aussitôt que J*en' aurai reçu Tordre; mais, aussitôt que le passage sera praticable, je porterai la cavalerie légère sur la rive droite de PElbe alin d'éclairer le pays et intercepter la grande route qui conduit de Magdebourg à Berlin.

Pendant que ces recherches se iîaisaient au-dessus de

Magdebourg, on était aussi en reconnaissance au-dessous de la ville, et j'ai trouvé qu'on pourrait faire deux ponts volants à Gleindenberg ; j'ai ordonné qu'on y travaillÂt de suite, tant pour détourner Tatleution de rennemi que pour Ajoute, s'il le Mait, aux moyens de passage.

Hier j'ai rendu compte à Votre Altesse que j'avais fidt occuper le faubourg de Neustadt ; mais pendant la nuit Tennemi a fait avancer trois bataillons qui ont repoussé les faibles postes qu'on y avait placés, et ensuite il a luimême mis le feu à une partie du faubourg. Aujourd'hui il * a beaucoup canonné sur les sentinelies qui étaient dans cette partie, mais lebataill<m qui y était n'a pas souffert.

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