‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 127 sur 139 · SOULT · texte numérisé non relu

SOULT

29 octobre.

Le général Milhaud a fait mettre bas les armes avec 000 hommes à une colonne de 5 à 6,000 hommes, dont 1,800 chevaux. Demain au point du jour le grand-duc de Berg doit se porter avec toute sa cavalerie sur Fassenwalck, où Ton présume que se trouve la colonne du (général Bliicher, ou du moins dans les environs. Votre Majesté peut être tranquille, nous sommes placés de manière à ce que pas un homme des troupes sorties de Mag«

debourg ne nous échappe L'armée prussienne est

dans une telle terreur qu^ suffit qu*ua Français se présente pour fidre mettre has les armes...» Quand les Prussiens font six à huit lieues par jour, ils croient avoir tout fait, et leurs crénéraux ne veulent pas croire que nous fassions douze à quinze lieues par jour; mais une chose (|u'ils avouent franchement, c'est qu'ils ne croyaient pas les troupes françaises aussi braves ; ils disent aussi qu'ils seraient également braves slls avaient à leurtéte rBmpereor

des Français ; ils disent encore que Voire Majesté doit avoir une grande pitié des principaux chefs de leur armée, et qu'il n'y en a pas un seul qui possède assez de talents pour s^aperceyoir des manœuvres que Votre Majesté ferait sur leurs derrières, et qu'enfin Votre Migesté leur avait enlevé une armée de 104,000 hommes en détail.

LockniU^ le 29 octobre 1806.

Lannbs.

Nbt a Bbathibr.

Sohoaebeckt le 80 ootobre.

Lie gouverneur de Magdebourg a ùûi brûler toutes les maisons de campagne et les fermes qui se trouvaient à une distance de 200 toises des fossés de la place ; cotte disposition a beaucoup aigri la bourgeoisie de cette ville

dont la population est de 25,000 âmes Tout ce que j'ai

appris des dispositions de la garnison et des habitants me donne la presque certitude qu'au moyen de quelques mortiers pour incendier la ville, le gouverneur serait forcé de capituler. Une des causes qui contribueraient le plus à faire soulever le peuple est le manque de vivres qui se fait déjà sentir vivement.

Nby.

Lb oAnébal Golbbbt jjj MAR^nHàf. Nbt.

A Gommern, le 3i octobre, à 6 heures.

Je descends de cheval, Monsieur le liaréchal ; Je revenais de me donner beaucoup de soins pour bloquer Ifogdebourg par la droite, vos ordres lèyent ce blocus, car Je ne saurais plus y parvenir sans cavalerie, et même Je puis dire sai^.i infanterie.

48S ' NOTES

Veuillez me dire si le détachement que vous faites organiser pour le major Grabbé n'est point annulé par le départ des dragons et celui des 120 grenadiers qui passent sur la riye gauche?

Je ne sais guère où est Orabbé, mais je orois qu*il ne tardera pas à rentrer, je ne puis donc exécuter ponctuellement votre ordre.

J^ai rhonneur de vous adresser une lettre du chef de bataillon Braux; tous Jugerez si J*ai eu tort ou raison de suspendre roccupation d'un poste que nous ne sommes ni assez forts pour occuper ni assez forts pour défendre en ce momeot.

Je suis glorieux comme Français des succès de nos armes, mais je vous avouerai que je suis peiné de ne pas y contribuer. Qu'avons-nous Dedt pour être ainsi abandonnés?

J*ai rhonneur d'être yotre tout dévoué.

En marge, le maréchal Ney a écrit :

€ Mander au général Oolbert que tu raffidblissement de sa cavalerie je regarderai comme non avenu Tordre que

je lui ai donné d'envoyer un poste de 80 chevaux sur Tangermund par la rive droite de TElbe ; que je Tinvite de nouveau à envoyer ses 1 20 hommes du 3° de hussards sur la rive gauche de TElbe pour Tinvestissement de Magdebourgt d'être parti demain à cinq heures du matin pour y relever les vedettes et portes de dragons ; d*envoyer sur-lechamp un officier en courrier ou un sous-officier de confiance pour intimer Tordre à M. Crabbé de rentrer à gon^mefn.

«Kbt. »

ET PIÈCES JUSTIFICATIVES 48a

Bbrtbollbt a Dayout.

Monsieur le Maréchal,

En vous présentant mes félicitations sur les lauriers que vous avez cueillis dans la plus belle campagae que Thistoire ait à tracer, je réclame vos bontés pour un homme que ses trayaux et son génie placent aussi parmi les hommes les plus illustres, mon ami M. Humboldt, que les circonstances peuvent inquiéter et maltraiter. Pennettez-moî, Monsieur le Maréchal, de vous prier de lui faire parvenir le billet ci-joint.

J'ai rhonneur d'être, Monsieur le Mjurôchai, votre très humble et très obéissant serviteur.

Bbrthollbt.

Au haut de cette lettre, le maréchal Davout a écrit :

« J'adresse sa lettre au t^énùral Hulin, en le priant... etc.

« Faire une lettre au général Hulin.

«Accuser réception de sa lettre; lui dire que je suis d'autant plus sensible à ce qu'il dit de flatteur, que j'attache Id plus grand prix...

« Je regrette de n*être pas dans ce moment à Berlin pour être utile au baron deHumboldt qu*il recommande. »

La lettre suivante, du maréchal Davout au général Hulin, est Jointe à cette pièce:

c Je vous adresse, mon cher général, une lettre de M. Berthollet qui me recommande M. de Humboldt. Mon éloignement de Berlin me mettant dans Timpossibilité de pouvoir être utile à M. de Humboldt, je vous prie de vouloir bien me suppléer à cet égard, et de lui rendre les ser-r vices qui dépendront de vous: vous m'obligeres sensible^ . ment.

484 NOTES

« Je vous prie de iaire remettre à M. de Humboldt la lettre ci-jointe.

« Amitié.

« Dayout,

« boinpoluo,le 19 novembre It^, »

Kbt ▲ Bbbthibe*

Après lui avoir fait part du mouvement du maréchal SouU contre le duc de Weimar, il £goute :

« Schonebeck, 25 octobre.

« J*ai en conséquence fait leleyer tooB les postée qa» le A^ corps d^armée occupait devant Magdebourg sur la rive

gauche de TElbe.

« Un corps de troupes légères, aux ordres du général Colbert, passera demain l'Elbe à Schonebeck, pour former rinvestissement de Magdebouig sur la rive droite de ce fleuve.

« Le pont de Sdionebeck est pariedtement étaUi, de mtoie

que celui sur le vieil Elbe à Plotzky ; cette construction me donne les moyens de passer le fleuve avec mon corps d'armée sans pouvoir en aucune manière être inquiété par l^ennemi.

« Les vivres pour mon corpe d*année sont assurés.

« Le général Vandamme est arrivé au corps d*année et a

pris le commandement de la 3* division.

« Le général Klein est également avec moi ; mais il n'a que deux régiments de dragons: le et le 14°, formant ensemble 700 hommes montés. Ce général a détaché trois régiments à Nordhausen pour battre la campagne et lar mener les prisonniers évadés ; cette disposition a été ordonnée par le grand-duc.

« Le 10« de chasseurs a au plus 200 chevaux ; le 4* de (lussards est resté à Erfurt pour Fescorte des prisonniers.

« Des convois de prisoimiers et de déserteurs, qui iii*arrivent chaque Jour, exigent des escortes qui diminuent beaucoup ma cavalerie; Je suis obligé de les diriger sur Bemburg et Halle, au lieu de les envoyer à Erfùrt, parce

que les paysans des montaLrnes du Hartz sont ré vol lés, ce qui rend les communications difficiles et dangereuses.

« Nbt. »

DUTAILUS A. BbRTHIBR.

â8 octobre 1806.

Je ne veux point laisser partir M. Simonin sans me rappeler à votre souvenir.

Nous avons appris avec regret que le maréchal Soult avait laissé échapper M. de Weimar. Je puis vous assurer sans trop de présomption que nous le tiendrions si nous avions été à sa place. A la lenteur de ses mardies et à son indécision, le maréchal Ney avait prédit ce qui est arrivé.

Vous êtes à Berlin, entouré de succès et de gloire. Nous sommes à ronger notre frein sous les murs de Magdebourg. Vous devez penser combien j'ai le cœur ulcéré.

Je vous ai mandé ce qui s'était passé. Et en quoi pai&-j6 être en rien responsable de ce que fait le maréchal Ney t Ce qu^il a &it a été pour le bien ; lui seul est responsable ; puis-je savoir les ordres qu'il reçoit de vous ou de l'Empereur ? J'ai été traité avec bien peu de ménagement et de bienveillance.

L'Empereur récompense mal mon dévouement et mon attachement à sa personne. Pourquoi ne s'adresse-t-il pas au maréchal Ney s*il a à se plaindre d*une mesure quMl a prise ? Elle Ta été pour le bien, et c^est un mal qu'elle n'ait pas été remplie.

Nous voyons de près tout ce qui se passe et tous les délails

NÛT£S

afnigeanls du fléau de la Gfuerre. Nous entendons les plaintes multipliées des officiers et des soldats ; nous savons, ou. pac mire i'ermcLâ ou en donnant dâs espérances, tout rt^riwtr, G*«8t la dendèie £0» qae je vous parlerai dd moft ftlwgrhi la no yoix prâtt tioulder le plaisir que vous derâ ^NMrrer d'une si courte et si Inilkuile campagne.

Le mal est prompt à l'aire, il est lent à réparer. Tant que je serai au service de l'Empereur, rien ne ralentira mon zèle et mon dévouement. Faites-lui connaître la vérité.

Tout à vous pour la vie.

Monseigneur,

J'ai eu rhonneur de vous écrire le 30 oclobre et de vouà demander quelques mortiers pour bombarder Magdebourg; il serait d'autant plus essentiel que J'en eusse à ma disposition que les personnes avec lesquelles f ai des intelligences dans la place n'attendent que le moment où j'aurai fait lancer des bombes pour forcer le gouverneur comte de Klcist à capituler.

Ma responsabilité exige que Je prie Votre Altesse de répondre par des instructions précises aux questions suivantes :

L'intention de l'Empereur est-elle que le bombardement soit tenté, ou dois-jc me borner à un simple blocus?

Suis-je autorisé à employer tous les moyens qui sont en mon pouvoir pour réduire la garnison, soit par la force, soit par la voie des négociations?

Le gouverneur m^a exprimé le désir d'envoyer un de ses

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