‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 25 sur 139 · CHAPITRE XV 8S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV 8S

Colbert^ sa nature à la fois ardeule et réiléchie, mélange d'imaginalioa et de raison; elle montre également, tout à côlé d'un grand besoin d'action, d*un esprit entre* prenant, un peu aventureux même, un cœur ouvert aux affections les plus douces et les pins tendres.

Pendant que Tarmée française, établie au milieu des États héréditaires, vivait ainsi aux dépens de T Autriche, obligée de s*avouer yaincue, les armes de cette puis* sauce n'étaient pas plus heureuses en Italie qu elles ne rayaient été en Allemagne. Longtemps les généraux eu chef des deux armées avaient hésité avant de commencer les hostilités, qui ne s'ouvrirent que le 15 décembre. Là, point de ces grands coups qui marquent à tout jamais leur place dans l'bistoire. A part Taudacieuse combinaison du premier consul qui avait lancé Macdonald à travers les avalanches et les précipices du Splagen et du mont Tonal pour tomber sur le ilanc de l'enn^ni, rien qui puisse attirer d'une manière particulière l'attention. Brune, qui commandait en chef, se montra mou^ indécis, sans initiative, et, si l'armée eut des succès, ils furent dus à Thabileté de Suchet, de Moncèy et de Dupont, ses iieulenauls, agissant le plus souvent d après leur propre inspiration^ et enfin à T extrême valeur des troupes.

Aussi malencontreux négociateur qu'il s'était montré général médiocre. Brune se laissa entratner à conclure à Trévise un armistice avec les Autrichiens au moment où larriv^ de Macdonald et de Murât allaient lui assure? des succès décisife. Ce ne fut pas tout : en traitant de cet armistice, il oublia le point essentiel, qui était 4'e^g^ la cession ^ Manto^e, sev^e ga):ai^t^e e|.iicace

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de rindépendanee future de Tllalie contre leB tentatives

de l'Autriche. Le premier cousul lui avait envoyé des instructions impératives à cetégard, mais qui arriyèrent deux jours trop tard. La condition paraissait toutefois tellement indispensable à Bonaparte, qu'il reiusa de ratifier la convention de Trévise, et il avait donné ordre à Brune de reprendre les hostilités, lorsque M. de Gobentzel, principal plénipotentiaire de TEmpereur, qui traitait alors de la paix à Lunéville, instruit de la difficulté, prit sur lui, pour assurer à Tarmée autricliienne le bénéfice de Tannistice, d'abandonner Hantoue, et le 9 février 1801 la paix était définitivement signée à Lunéville el mettait fin à la seconde coalition formée contre la France depuis la Révolution.

Par cette paix, comme par celle de Gampo*Formio, la Belgique et toute la rive gauche du Rhin étaient cédées à la France; elle retrouvait ainsi les frontières de la vieille Gaule, ses frontières naturelles. Le duché de Modène était réuni à la république cisalpine; la Toscane, jusque-là gouvernée par un archiduc, passait à un prince de la maison de Bourbon^ Tiniant duc de Parme : c'était faire intervenir, comme sous Louis XIV et sous Louis XV, TEspagne dans les affaires de la péninsule italique et y diminuer la position de TAutriche, qui ne conservait plus que Vérone et Venise, et voyait la limite de ses possessions reculée à la ligue de T Adige.

Que Ton mesure maintenant Tespace parcouru depuis le jour où Bonaparte débarquait d'Égypte à Fréj us, jusqu'à celui où fut signée la paix de Lunéville, la plus grande par les résultats et sans contredit une des plus

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