‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 64 sur 139 · CHAPITRE XXI 3S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI 3S

On le Toity la journée avait été bonne pour le colonel

Colbert. Si le succès de sa première charge ne fut pas complet, il l'avait conduite avec une vigueur, et dégagé le 3* hussards avee une habileté qui furent fort admirées.. Il fallait, en effet, avoir I)ieu sa troupe daus sa main, ôire bien sûr d'elle et de soi-même, pour arrêter à vingt pas de l'iafanterie, et lui faire faire une conversion avec assez d'ordre pour être à même de porter un secours efficace aux hussards pris entre l'infanterie et les cuirassiers qui les menaçaient. Aussi le général Mathieu Dumas n'hésite pas à dire : « Cette charge vigoureuse d'un corps de troupes légères coulre T infanterie autrichienne contribua beaucoup au succès de la journée, et mérita d*être citée comme un fait d'armes des plus rexnarquables » (1). Toutefois le général Mathieu Dumas se trompe en disant que les bataillons autrichiens furent enfoncés par la cavalerie légère : cet honneur revient au Ib® de dragons et au colonel Lefebvre.

Dès qu'il a rallié ses chasseurs et ses hussards, le colonel Ck>lbert parcourt le champ de bataille et y enlève les plus brillants trophées de la journée ; à peine a-t-il fini à l'extrême droite, qu'il court à l'extrême gauche, arrive juste à temps pour sauver les tirailleurs, et culbute la cavalerie ennemie, fournissant ainsi la dernière charge et portant le depnier coup.

Aussi fut-il l'objet des éloges et des f^citations de tous ; une seule approbation lui manqua : ce fut celle

(t} PréHi des événmenU militaires, t. Xlll, p. 7S.

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d'un vieux chasseur du 10* régiment, nommé Grespo,

qui était chargé de ses chevaux.

Le 8oir« la cavalerie légère, après avoir rétrogradé jusqu'à Langueuau, était revenue s'établir autour d'Albeck; le colonel Ck>lbert, entouré de quelques o£âciers, après avoir donné ses derniers ordres, s^apprétail à se reposer ; c^était à qui rapporterait quelques-uus des événements de la journée, qui dirait quelle part la brigade y avait prise ; c^était comme un concert d^éloges qui se rapportaient au colonel, quand tout à coup Grespo, qui était aux pieds de son maître et lui tirait ses bottes, poussant une exclamation de douleur et de reproche, s^écrie : a Ah t mon colonel, je vous Tavais bien dit que vous ne feriez que des bêtises I » On peut juger deTefibt qu^il produisit. Sa pensée n^était nullement aux succès de la journée, mais tout entière au chagrin que lui avait causé la mort du cheval qu^avait tsii tuer son maître, un beau cheval blanc connu de tout le 6^ corps, et sa douleur était d'autant plus grande que citait malgré lui qu^il Tavait donné à mon père, car, voyant Taffaire chauffer et connaissant son maître, Grespo (1) n^avait que trop prévu le sort réservé à son fiivori.

(1) Son vrai nom était Crespio, donl on avait fait Grespo, apparemment comme plus agréable à pronoBoer : il servait depuis douxe ou quinze ans dans le 10« de chasseurs et avait rapporte de ses campagnes un coup de sabre et un coup de pied de cheval sur la ligure. Le sabre avait fait une simple entaille, mais le coup de pied de cheval avait laissé l'empreinte du fer et des clous ; il couvrait la joue, s'étendant jusqu'au front et ménageait assez peu l'œil droit, ce qui ne laissait pas de donner au bon Grespo une ligure assez extraordinaire.

Grespo avait longtemps lait la guerre eu Italie et un Âlle*

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