‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 75 sur 139 · CHAPITRE XXii m · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXii m

plies de l'armée conduite par l'empereur et la nouvelle de cette psûx dePresbourg, par laquelle T Autriche abaa* donnait à la France TÉtat de Venise, Ilstrie» la Dalmalie, le Frioul, les bouches du Gattaro, et cédait le Tyrol à la Bavière.

Moins de trois mois avaient suffi à Napoléon pour conduire son armée des côtes de 1 Océan au centre de rAllemagne, détruire une année autrichienne de plus de cent mille hommes, prendre Vienne, puis courir en Moravie jusqu'aux confins de la Pologne,* et là, par le coup de foudre d'Austerlitz, briser 1 armée russe, la réduire à llmpuissance et imposer silence à TEurope. Il faut être bien grand pour accomplir de tels prodiges, mais il faut encore être plus grand etpius fort pour n'en pas être enivré.

Le 6° corps n'avait pas eu la bonne fortune de prendre une part directe à ces derniers et éclatants succès : on a vu quelle avait été sa mission dans le Tyrol , utile sans doute, mais pénible et relativement obscure. Tel est le métier des armes : il n'est pas donné à tous de combattre en plein soleil et de mourir sous les yeux de César; celui qui, lorsque le jour baisse, et que personne ne le regarde, afiFronte bravement la mort et tombe ignoré au coin d'un bois, « pris entre la haie et le fossé» , comme dit Montaigne (1), celui-là est aussi un héros. C'est ce dévouement simple, sans apprêt, de tous les jours, de tous les instants, qui fait la grandeur de Thomme de guerre.

Après les grandes nouvelles arrivèrent les détails : mou

(1) SuaiSy livre II, di. xvi, Ik la Gloire,

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père apprit que son frère Edouard avait été blessé d uq coup de feu à Austerlitz. Cette blessure» quoique sé* rieuse, fut bientôt guérie. Edouard Golbert avait enfiu, dans cette campagne, dissipé les préventions que le général Bonaparte avait conçues contre lui en Ëgypte, et que Tempereur avait conservées (1). Sa carrière en avait été entravée; nous le verrons maintenant marcher d'un pas rapide et réparer le temps perdu.

Pour mon père, compris dans la promotion du 24 décembre 1805,.oiL se trouvent les noms de La Tour^Maubourg et de Montbrun (2), il lut nommé général de brigade, et conserva le commandement de la cavalerie légère du 6® corps; rien, par le fait, ne changeait dans sa position, ce n'é|.ait qu'un titre de plus, mais le premier pas dans la carrière des hauts grades.

A la satisfaction que lui causa sa nomination s'en joignait une d'un autre genre : il venait d'apprendre, peu de temps avant, qu'un fils lui était né : « Au milieu des combats, du bruit des armes, son cœur en avait tressailli » (Z). C'était le maréchal Ney qui, le premier, lui avait annoncé cette nouvelle , et avait partagé sa joie.

Le vœu d* Auguste Golbert était donc rempli : il

(1) Successivement aiilc de camp du général Dani.is et du i^énéral Reynier, il avait eu à subir une partie de la défaveur dans laquelle ils étaient tomiiés,

(2) Deux noms illustres dans la cavalerie : Victor Fay, marquis de La Tour-Maubourg, né en 1763, général de division, ministre de la Guerre en iSffî, mort en ISoO ; — Montbrun (comte de r£mpire}, né en 1770, général de diTision; oommandanl Vtm des corps de cavalerie de la grande année en Russie, tué à la bataille de la lloskowa (1812).

(3) UUre d*Aug. Golbert, l« brumaire an XIV (33 cet. IBOK).

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