CHAPITRE XXII m
complètement; il ne pouTait pardcmner à Loieon de s^étre fait battre par le prince de Rohan et de Tavoir laissé passer. Aussi, dans une lettre où il parle à Berthierde cette a£Eûre, eet-il encore ému, et c'est d'une façon toute chevaleresque qu'il lermiae eu disant : « Je suis iàchô que Tinexécution de mes ordres m'ait empè* ché de profiter de roccasion qui 8*offi:ait de me mesurer avec lui. »
La garde du Tyrol fut remise à une forte division bavaroise. Le maréchal Ney et le sixième corps, prenant par la vallée de l'Inn, se dirigèrent sur Salzbourg.
<c Dieu merci, mandait mou père, nous avons dit adieu à ces diables de montagnards, qui sont des gens fort difficiles à vivre. » Il en savait quelque chose; commandant Tavant-garde du corps principal pendant toute la campagne, parfois à douze ou quinze lieues de 1 armée, isolé au milieu des montagnes, il avait traversé le Tyrol daus toute sa lougueur et couru après le prince de Rohan jusqu'en Italie. Enfin, s'il était entré le premier dans le T^rol, comme en s'en allant ses troupes fermaient la marche, il le quitta le dernier.
Tandis que le sixième corps marchait sur Salzbourg, Augereau regagnait la Bavière ; c'étaient autant do renforts qui allaient assurer les derrières de Napoléon.
En Italie, Hassena, ayant devant lui des forces dou*bles des siennes et un des généraux les plus habiles de l'Europe, le prince Charles, avait accompli sa tAche avec son audace et son habileté accoutumées. Les désastres des Autrichiens en Souabe avaient décidé du sort de leur armée dltalie. Dès que le prince Charles eut appris la capitv^tioi^ d'Ulmi il ne pensa plus qu-à s$) i^qs
tirer et à se rapprocher du centre de la monarchie. L'impétueax Massena rayait d'abord attaqué dans la formidable position de Caldiero et de Cologuola, puis l'avait toujours suivi à travers la Breuta, la Piave, le Tagliameuto et Tlsonzo, sans pouvoir jamais Tefitamer sérieusement. EnQu, larchiduc ayant pris la direction de Laybaeh pour gagner la Hongrie, Massena marcha sur Vienne. Maraiont, qui jusqu'alors avait opéré en Styrie, se dirigea de ce côté.
On le voit, citaient des armées entières, et des armées victorieuses, qui s'avançaient, toutes prêtes à recommencer la lutte, dans le cas où elle aurait été indécise en Moravie, !^^ais alors la torlune était fidèle à Napoléon, ou plutôt son génie savait lasservir, et Tincomparable victoire d'Austerlitz, que je n^ai point à ra* conter ici, avait du même coup anéanti les dernières espérances de TAutricbe et confondu TorgueU de la Russie. Il ne re.^tait plus à l'empereur François II qu'à subir à Presbourg la paix imposée par le vainqueur, et Tempereur Alexandre se hâtait de faire rentrer dans ses Etats son arinre vaincue.
Lorsque le 6^ corps quitta le Tyrol, dans les premiers jours de décembre, on ignorait encore ce qui se passait en Moravie, et la nouvelle de la grande bataille du 2 décembre ne pouvait arriver que plusieurs jours après.
Aux vives émotions d*iine campagne active succédaient les ennuis de la fatigue d'une longue route ; à peine arrivé à Salzbourg, le colonel Colbert dut partir poûr la Garinthie, et ce ne fut qu'après le retour de Cla-
gent'urtli à Salzbourg que le fi® corps apprit les Iriom-