CHAPITRE XXIV
vière» conduit à Dornbourg, Gambourg, Naueobourg.
PerpendiculairemenL à cette direction à l'ouest, derrière la ville, s'ouvre une gorge assez profonde, étroite, dans laquelle s*eDgage la route partant d*Iéna pour aller à Weimar. A droite de la ville, eu sortant, à mille mètres environ, commencent les pentes contournées et abruptes d'une petite montagne bordée à gauche par une vallée fort étroite iq[>pelée Muhlthal, à droite par une autre gorge ou ravin nommé le Raugthal. Au sommet de ce mont, qu'on appelle le Landgrafenberg, est un petit plateau d'où la vue s'étend sur une vaste plaine ondulée où se trouveut Capellendorf, Weimar, Apolda. En rendant au nord, l'osil peut suivre le cours de la Saale vers Dornbourg, Cambourg et Nauenbourg, enfin, qui, à vol d'oiseau, est à 25 kilomètres d'Iéna.
Le 13 au matin (1), le maréchal Lannes rendait compte à l'empereur de ce qui lui était arrivé la veille en atteignant léna. Puis il ajoutait : « D'après les renseignements donnés par les habitants, le roi était encore avant-hier à Erfurt; je ne sais s'il veut nous hvrer bataille ou bien se retirer; il y a un camp d'environ 20 ou 25,000 hommes entre icna et Weimar ; je yslis poiùsser des reetmmiuai^ees pour simir au juste où l'ennemi se
trouve; je désirerais savoir si l'intention de Votre ^Majesté est que je marche avec mon corps d'armée sur Weimar; je n'ose prendre sur moi ce mouvement, par •la crainte que j'ai que Votre Majesté ne veuille me donner une autre direction. Il parait que le jdus grand désordre règne dans l'armée ennemie. Elle a laissé ici
- (i) VMr «HZ piàods Jwtifleative» da ehapitre XXIV.
333 TRADlTUlNS ET SOUVENIRS
quelques caissons et une pièce de canon. J'ai poussé un fort détachement sur la route de Nauenbouig pour
chercher à communiquer avec le maréchal Davout.
« Lanmss. »
« P. S. J*apprends à Tinstant même que l'ennemi a
un corps de 30,000 hommes à une lieue d'ici, sur la route de Weimar; il serait très possible qu'il voulût nous livrer bataille. »
Il faut convenir qu'il y a là une tout autre physiono-* mie, quelque chose de fort di£E6rent de ce qu*on trouve en général dans les histoires. En un mot, nous sommes fort loin de l'allure historique qai fait marché les héros sans hésitation, bans jamais se tromper, ayant toujours le coup d œil de l'aigle et la rapidité de la foudre. Iciy on voit qu*il y a incertitude dans la pensée de Lannes; il ne sait rien encore, il hésite. « Je vais pous* ser des reconnaissances pour savoir au juste où Ten* nemi se trouve; » il est évident qu'il ne s'est pas encore occupé du Landgrafenberg, qui devait jouer un rôle si important.
Toujours est-il que l'empereur, qui reçut cette lettre à Géra, partit immédiatement pour léna, où il arriva vers deux heures. A ce moment, les tirailleurs du Suchet,. dont la division s'était avancée, comme nous Ta- Yons TU, dans le Mulhthal, pénétrant par les ravins et gravissant les escarpements du Landgrafenberg, avaient gagné le plateau qui le domine et qui n^était pas défendu.
Lannes se hâta d*y conduire TempereuTi qui, d'un coup d*OBil, vit son champ de bataille.
Devant lui était l'armée prussienne occupant Close-