‹ Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809Chapitre 95 sur 139 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

{^acée Bur le plateau, et sera en résetre derrière la

garde pour se porter où les circonstances rexiçrerait iit.

ce Co qui est important aujourd'liui, c^est de se déployer en plaine; on fera ensuite les dispositions que les manœuvres et les forces que montrera l'ennemi indiqueront, afin de le chasser des positions qu'il oceupe, et qui sont néeessaires pour le déploiement. i»

Tandis que Napoléon ralliait ainsi toutes ses forces, les tenait dans sa main et se préparait à une attaque contre Tarmée prussienne, qu'il croyait tout entière réunie devant lui, le duc de Brunswick, qui le 1 2 avait eu toute son armée concentrée dans la plaine de Weimar (122 bataillons, 172 escadrons et plus de 400 pièces de canon), ne se doutant nullement le matin du 13 octobre qu'il allait être attaqué par Napoléon, qu'il croyait en pleine marche sur TElbe, avait ordonné les dispositions suivantes : « Le roi quittera aujourd'hui le camp de Weimar pour marcher jusqu'à Auerstssdt ei aller prendre le jour suivant la position de b'reybourg, ayant sa droite à TUnstruth et le front le long de la Saale. Le prince de Hohenlohe est destiné à couvrir le flanc droit de cette marche, pour lequel objet il doit rester dans son camp de Gapeltaidorf, jusqu'à ce que le duc de Weimar se soit rapproché du général Rûchel, qui doit, en altendanti occuper un camp sur les bauteurs de Lehenstœdt, près de Weimar. En même temps, on donne au prince l'ordre de ne pas attaquer l'ennemi, en hd déclarant qu'il s*attirerait la plus sév^ responsabilité s'il contrevenait à cet ordre. »

Ainsi, lorsque tout se préparait pour une. attaque formidable de la part des Français, le roi de Prusse et son

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gén^ial en chef s'ôloignMienty enumiaiit ayec eux les

deux tiers de l'armée. Ce fut cette détermination qui donna lidu le lendemain au iait si exiraordinaire de deux grandes batailles livrées à cinq Iteiies de distance, sans que les généraux en chef le sussent; ce sont les batailles d'Auerstœdt et dléna.

. Avant d'arriver à la journée du 14, je dois dire que rempereur Napoléon avait adressé de Géra une lettre au roi de Prusse, qu*il chargea Vxxn de ses ofBcim d'ordonnance, Eugène de Montesquieu, de porter. On lisait dans cette lettre les phrases suivantes : « La guerre est donc faite entre nous, ralliance rompue pour jamais ; mais pourquoi Heure égorger nos sujets? Je ne prise point une victoire qui sera achetée par la vie d*un Inm nombre de mes entants. Si j'étais à mon début dans la earrièret et si je pouvais craindre les hasards des combats, ce langage serait tout à fait déplacé. Sire, Votre Majesté sera vaincue; elle aura compromis le repos de ses jours, l'existence de ses sujets, sans Tombre d'un prétexte. Elle est aujourd'hui intacte et peut traiter avec moi d*une manière conforme à son rang; elle traitera avant un mois dans une situation différente.» Il terminait ainsi : « Je prie Votre Majesté de ne voir dans cette lettre que le désir que j'ai d'épargner le sang des hommes et d éviter à une nation qui, géographiquement, ne saurait être l'ennemie de la mienne, l'amer repentir d'avoir trop écouté des sentiments éphémères qui s'excitent et se calment avec tant de facihté pour les peuples. »

On n a, en général, vu dans celte démarche qu une espèce de ruse de gume pour jeter de l'incertitude dans

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