CHAPITRE II
t où le christianisme s'introduisit ^^S en Gaule, le cuite des pierres, des arbres ■*■* et des fontaines y était florissant. Les apôtres de la nouvelle religion, dès qu'ils eurent un nombre respectable d'adhérents, essayèrent de détruire les pratiques qui rappelaient le culte qu'ils voulaient remplacer. De l'an 4J2, date du deoïièrae concile d'Arles, à l'an 6^8, concile de Nantes, nombre d'assemblées ecclésiastiques s'occupèrent de la question. Les évêques dans leurs lettres et leurs mandements, Carloman, Pépin, Charlemagne dans leurs capitulaires, joi~ gnirent leurs efforts à ceux des condles (i). Mais
(t) Le tau de eu cDDcil», 1o latra ia ivtquet et Id Ci-
s I. — CULTE DES PIERRES
«Uffi'.M cm pendant assez longtemps que œ ^H||y culte n'existait plus qu'en Buse-Bretagne ; "*™ mais cela tenait seulement à son caraaëre clandestin. Ainsi qu'on pourra le constater par ce qui suit, il en sub^e des vestiges notables, mfnie en pays galloi, et je suis sans doute loin d'£tre complet à ce sujet.
A Roche-Marie, pris Saint-AuWn-du-Cormicr, est une all^ couverte où jadis les filles qui étaient amoureuses allaient se frotter ; elles avaient ensuite plus de chance pour se marier avec leurs
(Caai
I, tgidcquun-
En Plouër, non loin du Pont-Hay, et prËs de la roule de Plouêr â Pleslin, se trouve la Roche de Lesmon ; elle est sur un tertre où se vtûent parmi les ronces d'autres rochers bruts eu quartE
Les filles ont été de tout temps « s'érusser (se laisser glisser) 1 eu nu ■ sur la plus haute pierre.
qui est un énonne bloc de quartz blanc en forme de pyramide arrondie, d'où l'on a une vue superbe sur toute la vallée de la Rance. De là on aperçoit tnêroe le roont Saint-Michel.
Cette roche est bien polie, surtout du côti où l'on s'iruist. On prétend que ce sont les filles de
Plouèrqui, en se lais.
ant glisser, ont opiSré le po-
lissage. Maintenant e
icore, lorsqu'une fille veut
savoir si elle se mar
era dans l'année, elle se
laisse « érusser à eu r
u, » et si elle arrive au bas
sans s'écorcher, elle e
t assurée de trouver bientôt
(Communiqué pir M. Jtjn E«n, de Dinin.)
B La partie plane et inclinée d'une pierre dite le Faix du Diable, en Melié, est usée par toutes les jeunes filles qui, de temps immémorial, sont venues s'y écrier (glisser dessus). Cela, dit-on, porte chance pour aider à se marier. i>
« LzRoche Écrianii (glissante), en la commune de Montault, est une masse unie et polie, inclinée de 45 à 50 degrés vers le sud-ouest, et qui, sur un parcours de î mètres environ, offre en trois endroits différents la trace évidente des sillons qu'y a creusés depuis bien des siècles l'innombrable quantité de personnes qui sont allées écrier. Une jeune fille songe-t-elle à se marier? Klle
va furtivemem s'asseoir sur le sommet de la Pierre Écriante, puis, accroupie et se laissant emporter, elle s'abandonne à k pente, glissant rapidement jusqu'au bas. Elle dispose ensuite sur la pierre mi petit morceau d'étoffe ou de ruban, puis se retire le cœur content, mais cr^gnant bien d'être aperçue, car la pierre seule doit savoir le secret de son cœur, et l'année ne s'écoulera point avant que les cierges de la paroisse ne s'allument poar son mariage. »
CD.Di™,p.(S.)
a A Saint Georges-de-Rdntembault, dans le bois Mignot, on voit une pierre énorme formant un plan incliné de 6 mètres de long, et connue sous le nom de Roche^Ècrianle. Les jeunes filles vont se laisser glisser sur cette pierre de granit, qui en est osée par ce long frottement . On a dts lors une chance heureuse pour se maner vite. »
(Du)ou, p. {9)
A la Tiemblaye, en Saim-Samson, prés Dinan, est un des plus beaux menhirs du pays ; on prétend ttans le voisinage que si on peut grimper au haut, on se marie dans l'année.
« piene, y d*pD«
DE LA HAOTE-1
n M. de Montbret, membre de rinsittm,. ayant vishé en 1820 un dolmen près de Guérande, trouva dans les fentes de cette pierre des flocons de laine de couleur rose liés avec du clinquant. On lui dit dans le pays que ces objets avaient été confiés à la pierre par des jeunes filles, dans l'espoir d'obtenir la faveur d'êtremariées dans l'année, et que ces dépâts se faisaient toujours eu cacliette des curés. »
(DtCuuniM
De U au
ssi vient par surviv
™»in, t.I. p. 110.)
aoce l'usage qui
existe enco
e en quelques pays de se frotter aux
statues des
aints qui ont hérité de certaines anti-
bâtions des
monuments préhistoriques.
J'ai entendu dire que des femmes, pour avwr
des enfants
allaient se frotter à
certains saints en
pierre ou et
bois, placés dans la
campagne ; mais
je ne l'ai jamais oui dire pour
les monuments
mégalithiques.
ép.rM.A. Or.!».)
J^. la ia.rite. aUl«. d«.«r le (our
delennaKCM lurli
Fient 1 11 HuUe ic Giifmy. (Cf. Hinit
«., p. 14.) D™ ta
eur.plm«»Birobi«d'
n culte de b i»n de
faunes, ^oi 1
(£»;jUifii ihSacUli
J-MUlir^., j*
lérie, i.II, p. l6^-tée.)
Nngut» a
on, plutitu,. mtgilitho d
u FiniiiinH^at K-
El. i8BD>
atnlitr, «m Ma de
Cuw, unect
u, auit* dqHi. pta-
itzeat de leuTt vètfmeiiTB. ft le mari taumaiiT itirour du meiihift pDUFSuEvjl U femme juk^u^iu moment ot elle x« rcnih. Lc5. pirenis [liuiriii le gu« «ux cavirouf pour empêcher les profucB de venir troubler cette cérémonie quï^ panii'ïl, ■ lieu 4^ue1quet6i» encore. (Communiqué pir M. de Mortillel.)
En i3T4, Le jour de l'uiemblée de Siint-SauiHin en Landun-
En pays gallot, je ne connais pas de mégalithe auquel on se frotle pour avoir de la force ; mais en certains endroits existe une caulume qui \Taisembkblement en dérive : c'est celle de faire marcher les enfants sur la tombo de personnages réputés bienheureux. A Saint- Caradec, les mères viennent exercer leurs enfants .i marcher sur la tombe de Guillaume Coquil, recteur, mort en odeur de sainteté en 1749. La même coutume existe en pays bretonnant à Latiloup, où l'on fait marcher les jeunss enfants sur le tombeau de saint Mélar ou Méloir (cf. Jollivei, t. I, 362) ; i Tressigneaus, près LanvoUou, et en nombre
poui biliyet U piene. EUei
ainsi uaités prennent de la force pour marcher seuls* » (Emoul de la Chenelière, p. 54.) Cf. aussi Aymard. Notes sur Us rofhes à bassins de la Haute-Loire. Annales de la Société d'agriculture du Puy, 1859, p. 346, 347 et suiv. Il s'agit de monuments préhistoriques qui ont été placés sous l'invocation de saints, et où l'on porte les enfants infirmes.
« On voit sur les hauteurs, proche le village de la Retaudière, commune de Combourtillé, un bloc de grès assez considérable auquel se rattache une tradition bizarre qui doit être fort ancienne. Les maris malheureux y vont, dit-on, la nuit, payer un certain tribut. Cette singulière légende a sans doute été inventée afin de tourner en dérision ceux qui pratiquaient jadis un culte nocturne à cette espèce de pierre. Une modeste croix est placée auprès. »
(Danjou de la Garenne, p. 47.)
De toutes les superstitions qui se rattachent aux mégalithes, celle des pierres à tonnerre, ou roches de tonnerre, est la mieux conservée, bien qu'elle ait une tendance à s*effacer.
Sous le nom de pierres à tonnerre on comprend en pays gallot les haches ou les couteaux polis de main d'homme, et aussi certains cailloux ronds ou oblongs qu'on trouve dans les champs, et que les paysans croient être tombés du ciel au moment des orages.
Avec les toutes petites pierres à tonnerre, on
fait des coHters qu'on suipead au cou des enfaiiti ; çiAa les préserve des maladies de l'enfance, et en particulier de la ràche ei du mal d'yeux. Ce collier porte le nom de chapelet de saint FraoçcHS, «vers 1843 on s'i de Bédierel. dans I
(CODltu IBSD pirJaiC[>hL«gCn>lre. nrr^IiiHT^ ,JL'< Ilfs.)
Une note de M. de Qosni.iJeuc parle d'unu amulette An Morbihan assez s<^iiiblablc, mais qui semble purenient païenne, n Le ^cmii^ad-fulcreii, en usage aacieDDcment dans quL-ii^ucs paroisses du centre du Morbihan, est un col lier -talisman composé de grains de diverses m.iiiL'ri:s, au nombre desquels dominent les grains d'ambre jaune et les pierres polies ; l'usage s'en perd chaque jour... Tout porte à croire que les goLgad-patereu ont succédé aux colliers de pierres de couleur que l'on a exhumés récemmem des tombcaus dits celtiques. »
{Rivm arc^éoUg'qyr, Jùcciubic iS6ï, ji. .iH-jT-ï Mais la propriété la plus reconnue de ces pierres est, ainsi que leur nom l'indique, de préserver de la foudre. Cette superstition se retrouve à peu prèti dans le monde entier.
ic, BrMI. Jivi, M^iak) le-DAiK), i}i (SiAnc-i;
Voici ce que j'ai pu recueillir jusqu'à préseu, ■en Haute-Bretagne, sur les pierres à tonnerre ;
En mettant dans son chapeau ou dans sa poche des pierres de tonnerre, ou n'a rien i craindre pendant les orages. Les pierres à toncuïrc ne peuvent s'entre-souffrir, et celle qui se ironverait dans le nuage tomberait i côté.
(Canti par J. Lcgcndrc, de Siii^i-Brieuc Ja ISi, a iSSo.)
[adb il y avait beaucoup de gens qui mettaient des pierres à tonnerre dans leurs poches quand le temps était à l'orage ; et s'il tonnât, ils réc:laiecit une oraison en l'honneur de la pierre. Eu voici une qui parfois se dit encore :
Pierre, pierre, Garde-moi du tonaeire. (S.-C) (')■
Sunie Bube me garden ^
1 désuétude, présente iite Fleur, c'est vrai-
(l ) AblévLlliDDS ; S.-C. Saim-Cui ; H. Hitignon p. Penguilyi S.-D. Siiai-Dimin; T. Trtnneuf Nord) i E. Ere* pri. IJffrt (laie-et-ViUine).
s«nblablement réjrine blanche. — qui passe pour préserver du tonnerre, — et qui peu à peu sera devenue une sainte. La fin, qui se récite en ayant sur soi une pierre â tonnerre, montre une superstidoQ préhistorique soudée i une prière catholique'.
On met des pierres â loiiiiorrc sur les fenêtres des maisons ou dans un trou du mur, pour préserver les habitants du tniiii^rrc. (E.)
Jadis on plaçait des pierres à tonnerre dans les fondations des maison ■> l: même Jes églises; c'était pour préserver ces i.'Ji[kts du tonnerre. En démolissant, ily a quelqui;^ années, l'église de Trévron, près Dinan, on trouva une hache en diorite. Dans les murs de l'ancienne école mutuelle, qui datait du XVIII" M^ck, on trouva une pointe en quartïite non polie, du type de la Ganterie, en Saint-Hélen; m i.Stio, on démolissant une maison, aussi i D'n.i:!, un a trouvé dans les fondations une pointe en .}■. m-nte du même type.
Je ne connais pas d'exiniplt contemporain de perre mise dans la maçonnerie des édifices pour les préserver de la foudre ; m.iis je ne serùs pas surpris cependant que cela se fasse encore.
:it vraisemblablemeat
D'autres usages, qui déri^ des croyances relatives aux pierres protectrices, subastent encore. Dans le fond des charniers à lard, on met un clon pour empêcher le lard de tourner. On place aussi un clou dans le fond du nid des oiseaux, pour que l'orage n& puisse leur nuire. (E., D.)
Jusqu'à présent, je n'ai rien recueilli au sujet des pointes en silex ou eu quartziie taillées par éclatement, qui sont pourtant assez communes en certains pays de la Haute-Bretagne. Elles ne portent pas de noms particuliers, et les paysans auxquels j'ai demandé si on les appelait, comme en Angleterre, jlAAwiiei/i'iW, m'ont rJpondu qu'ils ne les avaient jamais o
,-. Jûllj., r«™>n.
i|udl j'ai fujl da liftltnceB, I» monDgriphica su 7* «woD, p. }00 n mil. ; BLcJcbcr et Fiudel
s n. — CULTE DES ARUtES
M^L est moins répandu et moins caraciérisê BRK que celui des pierres , il y a pourtant en '*•'" P*ys gsllot plusieurs arbres qui sont vénérés : les uns sont ornés d'une statuette de li Vierge ou des saints ; d'autres n'out aucun emblème chrétien.
■Auprès d'une fontaine dùdii;e J saint Roux, et qui est située dans la forêt de Rennes, s'élevait jadis un chêne séculaire. Il fut .ibattu ; mais celui qui le jeta par terre eut toujours depuis un tremblement dans les membres : c'ctaii un arbre qu'on tu âtvmt pas abedtre.
(CooM CD iSSo ru Zo^ L^y, J'F.n:^.)
<r Le chêne au Vendeur, encore existant dans la forêt de Caulon, enBrocéli.inde, fui longtemps témoin des ventes, comme ses prédécesseurs étaient témoins des sacrifices. Ce graud arbre est un objet de vénération, » (B:irou Dutaya, Brael- Uande, p. 14.) En 1867, il a été incendié en
o Dans la forêt de Gàvre se voii aussi le chêne
au Duc, arbre véaéré, <)ui passe pour ëlre âgé de douze siècles, a (Joanne.)
u Près du village de Mont-Frotnerie, en la Chapelle-Janson, l'on vo)rait encore, il y a peu d'années, un chfne d'une très-grande vieillesse, i en juger par sa tète chauve et le volume de son tronc entièrement creux. 11 était connu sous le nom de Chêne da Priires, et l'on y venait de fort loin en pèlerinage, pour tâclier de recouvrer la santé. Il était surtout réputé pour guérir les fièvres. Pour cela il suffisait de lui enlever un petit morceau de son écoice rugueuse, et, aprèsy avoir tracé une croix, y faire dévotement une prière. Il est enfin tombé de vétusté. Cette vénération pour les arbres, reste de l'ancien culte, s'est encore conservée dans le pays. Pour détourner les fidèles de cette idolâtrie, les ministres de i'Ëvangile les avaient sanctifiés en y plaïant les images des saints, et l'on voit encore fréquemment, aux. environs de Fougères, clouée dans une sorte de niche sur le tronc des vieux chênes, une statue de la sainte Vierge. »
(DuitiudcUGirennc, p. il.)
o Sur le Tertre-Alix, près du bois deMonthorin, en LouvignÉ-du-Déseri, est un petit oratoire qu'ombrage un chêne séculaire, en vénération pour guérir les fièvres. Pour cela il suffit de pren-
ONS ET SUPERSTITIO
tire un morceau de son i^corcu. Aussi, se trouvet-elle constamment couverte de ces sortes de mutilations. Non loin de là est une roche hantée par les fées. »
(Dinjou d« Il Girsmc, ;i, ;;.)
(c Danslacommunede Saini-Pcm, prèsBécherel (Ille-et-Vilaine), il existe, non loin des ruines du château de Ijgouyer, un arbre antique qui attire les jeunes tilles, auxquelles le seul contact de son écorce a la venu de procurer des maris. »
« La chapelle du Tertre-.\lis, â l'entrée du bois de Monihorin, en Louvigniî-du-Déseri, doit remonter i une très-haute anliquilé, si l'on en juge parle tronc du vieux chtïne auquel elle est adossée. S'il faut en croire la tradition, un sâ~ gneurdu pays, nommé Alix, aurait, dans une partie de chasse, tué involontairement un de ses amis. Dans son désespoir, il se serait adressé i un saint ermite qui habitait la forêt de Fougères, et qui lui aurait donné le conseil de se retirer du inonde, et de passer le reste de ses jours dans la retraite. D'après ce conseil, Alix aurait fait construire le petit oratoire dont nous parlons au pied du dernier chéoe de la fort;!, et aurait vécu jusqu'à sa mort dans les exercices lie la prière et de la pénitence.
DE LA HAUTE-BRETAGNE 6l
<c L'écorce de ce chêne est réputée dans les campagnes comme étant douée d'une grande vertu fébrifuge, et c'est i cette croyance que cei arbre, plusieurs fois séculaire, est redevable des nombreuses mutilations dont il porte les traces. »
(Haupilli, Noiia »>r Lmvig'i (Min. Sx. arch. d-Ilh-H-Vilam, i. Xl.l
Cf. lur les irbrEs popuUirei en Normindii; : A. Bosquet, p. 197; CD Bcny. cf. LiisDEl de k Salle, 1, i£i; vieil arme
Le chêne roU de la forét de Loudéac était placé au miljeu d'un carrefour oii avaient lieu des rendez- vous de chasse.
Un jour un jeune homme des environs de la forêt promit à une jeune fille de l'épouser et de lui faire cadeau d'une paire de beaux souliers s; elle consentait à aller k minait crier quelque chose sous le chêne rosé. La jeL;ne fille, qui n'était pas peureuse et avait sans doute envie de se marier, alla au carrefour. Le lendemain, au pied du chêne rosé, on trouva sa coiffe tachée d'une goutte de sang et sa paire de sabots. Depuis, on ne l'a jamais revue; mais on assure que parfois, en pldn raidi, on entend sortir du chêne une voix qui crie :
(Commuiiiqui par H, E. Himanie.}
Au village de la LanJe, prcs Saints ou Saius, ■ canton de Pleine-Fougères, i quatre kilomètres i de la mer, se voient di;u>L arbres de la liberté I ^antésen 1789. Ces deux superbes chênes, soignés 1 depuis cette époque méntOTable par la Emilie | Drouin, soat sous k garde des habitants du ' village. L'étranger qui toucherait à ces chênes, ! sacrés pour tou& les habîiams de ce village, aurait 1 assurément i s'en repentir. Quand, dans lestemps ' d'élections, des jeunes gens viennent demander aux frères Drouin ce qu'ils doivent voter, — Re- | gardez les chènesl leur cst-il répondu. Us savent ce que cela veut dire, et ils votent bien.
Lorsque nous fûmes les visiter, un habitant du pays nous disait : La Lande de Montamblet, où sont les chênes, est un lieu vénéré des républicains du pays et des environs; on va 11 s'asseoir 1 l'ombre de leurs grandes branches, causer des affaires de la France, de nos pères de 1789; on se -serre cordialement la main avant de se séparer'Ri se disant : N'oublions jamais les chênes !
Quelques arbres passent pour ; ;uralives ou prophylactiques, noi
grosseur ou de leur ancienneté, mais sunpkmeiit Cfi raison de leur espèce.
Parmi ces derniers, on peut placer en première ligne Tépine blanche. Elle préserve de la foudre, et Ton prétend que lorsqu'il tonne il faut se réfugier dessous. Elle doit, dit'on, ce privilège â l'honneur qu'elle a eu de fournir la couronne d'épines dont fut couronné Jésus. (S.-C, E.)
Q^and les vaches ont des pourritures aux pieds, xt faut les conduire, avant le lever du soleil, devant une épine blanche. Une de mes fermières m'assurait dernièrement que cela seul avait guéri ses vaches, qui auparavant avaient sans succès été médicamentées de toutes les façons. (Plénée- Jugon.)
Les colliers de chêne mis au cou des vaches les préservent de la cocotte, (E.)
Le sureau préserve des maléfices. (E., S.^C.)
Qpand un enfant est faible, on prend des feuilles de bouleau ; on les met à dessécher dans le four, puis on les place dans le berceau de l'enfant, qui ne tarde pas à reprendre des forces. (E.)
Le gui qui croit sur l'épine blanche fait passer la fièvre ; le gui mélangé à la nourriture des chèvres et des vaches leur fait donner du lait. (E.)
Cf. Pline, cité par Gaidoz, U Gui, p. 8.
Vers Bagucr-Morvan , Baguer-Picjn , Pier-
guer, etc., l'épine blanche, quand elle se présente isolée et au bord d'un dieniin, est l'objet d'une sorte de culte superstitieux. J'ai vu dans mon enfance des paysans dont la vai:lie ou k cheval boitait accidentellement, ou par une cause quelconque, tailler dans le chemin le b pas n de la bête, enlever la motte et la déposer sans la rompre dans l'épiue. Ils étaient convaincus que l'animal serait guéri avant que la laotie fût séchée, ou dissoute par le veat, ou décompc-sée par la pluie, de maniÈre à tomber d'elle-même. Je ne lésai point vus recourir à ce procédé pour la guérison des personnes.
(Cammunif ui pac U. B. Rabidoa.)
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s m. — CULTE DES PONTADras
MMEAUCOUP de fontaines sont l'objet d'aa SES culte superstitieux qui vraisemblablemeiit BSiv a succédé à un culte plus anciea.
« I>e l'usage que les druides fusaient de l'em des difiérentes sources est venu le culte que la Bretons ont à longtemps rendu aux fontaines... Lors de l'établissement du christianUme, les prêtres les consacrèrent â Dieu, sous l'invocation de la Vierge ou de quelque saint, alîn que ces homnies grosàers, frappés par ces effigies, s'accoututnassent insensiblement à rendre à Dieu et â ses sainte l'hommage qu'ils adressaient auparavant aiii fontaines elles-mêmes. Telle est l'oriffoe des niches pratiquées dans la maçonnerie de presque toutes les fontaines, niches dans lesqudles on a placé la statue du saint qui donne son nonn i la source. C'est pour parvenir au même but que le clergé fit ériger à la même époque des chapelles dans les lieux consacrés i la religion on au culte... Qjioi qu'il en soit, les paysans bretons (et gallois) ont encore à présent une grande vénération pour certaines fontaines. »
^tl, f.TJ.)
A Saint-Gennaiii-de-b-iMer, en la ccHnmune de Matignon, est une fontaine où on lave les enfints pour les présenet Jcs tranchées,
A Siini-Jan-PicrTe-Fiiie m une foaiÛDc obi« d'on colle uulogde.
(Jomie, p. a»8-, A. S. Monn, p. iS-an.)
Dans celle de Saint-David, en Laadébia, près Plancoët, on plonge les jeunes enfants pour leur donner des forces. « A RaderiLic (Morbihan français) est la fontaine de Saint-Armel; on y porte les enfants qui commecceni i marcher, afin que, par la vertu de ses eaux, ils obtiemicnt de se tenir solidement debout. »
(Og([, in. SiiKtat.)
En la commune de Gaiisson (Gitcs-du-Nord) est une fontaine dédiée j saint Nicolas ; on y plonge les enfants qui ne marchent pas de bonne
Cf. ds UHgM •nalogua tu Eur^'-ti-Loii (A. S. Moiln, ù Prim,j. ij).
Ea HrtiDI lie Biud pu U rouie de Rnnei. i puchc, on
DE LA HAUTE-BKETAGNE 6j
toQtc la loorudc de U tta paaoaalt, lu femme» voDt k frotter le TCDtre 'vec hï caillouk, puie nmt boire de L'eau i'anc fon<
colique. (Og^, !• édii.)
« Tout près du bourg de la Chapelle-Janson coule une fonlaine d'une eau pure et limpide, qui sans doute a dû avoir été l'objet d'un culte pardculîer. Elle est encore renommée par mille précieuses qualités. Elle porte le nom de saint Ledn, patron de la paroisse. N'y peut-on pas voir aussi un vestigedu culte des-ibntaines? a
(Dinjou dek Girenne, p. 4;.)
Commune de Chevaigné, canton de Saint- Aubin -d'Aubigné, arrondissement de Rennes, au village de la Cabocbais, existe une fontaine l'invocation de saint Morand, je crois (les paysans disent saint Mâron). Ses eaux guérissent de la fièvre ; mais on doit s'y rendre à jeun, ei 1er. Il y a une vingtaine d'années à peine, on jetait encore de la menue monnûe, des liards des centimes. Aujourd'hui, on a placé pour recevoir les offrandes des pèlerins.
(ComDinruqQé par M. Lucien Decombc.) Duns l'Yonne (cf. Salmoi
B A la chapelle de Notre-Dame-de-Gavrain,
Renac, est ua les fiévreux, i
CGuiLloUn dt C
fontaine, but du pÈlerinage ponr
H Sur les bords delaforSt de Brocéliande, dans le voisinage de Gaët, saint Méen fit jaillir du seio d'une terre aride la source miraculeuse encore aujourd'hui vénérée. Elle est d'un grand renom pour la guérisoQ d'une lèpre qui couvre la tète des enfant) au berceau, n
(BirOQ Duuyi, Bradlimiâi, p. E4.)
A GaSl est une fontaine (je ne sais si c'est la même) dont l'eau guérit de la rage.
« A Loutehel, la fontaine de Saint'Armel est tiès-vénérée -, les hatntants prétendent que c'est le saint qui fit jaillir cette fontaine, n
(GuillDtiii deCmon, Set. ><■:. â-lili-il-Vihi-u, i. VIU. p, 94.)
• A une époque qui n'est pas connue, les moines de Saînt-Melaiae de Kennes fondèrent, auprès d'une source d'eau vive, un oratoire sous l'invocation de saint Avit, abbé de Micy, près Orléans, mort vers 5;a. On rapporte que saint Avit, pendant sa vie, avait rendu la parole â un enfant qui était devenu muet. La statue, et peutêtre quelques-unes de ses reliques placées dans cet endroit, firent bientôt naître un pèlerinage. De tous les alentours on apporta les enfants qui (waieni quelques inârmiiés, pour les présenter au
saint. Depuis ce temps, ce pèlerinage a continué, et aujourd'hui il est encore dans toute sa vigueur. Il a lieu le lundi de la Pentecôte. La statue du saint était jadis exposée auprès de la fontaine ; mais cet usage a cessé, et aujourd'hui le pèlerinage a lieu dans l'église. »
(Ogée, an. VHermitage.)
La fontaine de Saint-Ëvent en La Malhoure, canton de Lamballe, passe pour guérir de la colique et de la teigne ; au-dessus de la fontaine sont suspendues comme ex-voto plusieurs bonnets d'enfants qui ont été guéris par la vertu de ses eaux.
a A Saint-Aignan et dans les environs, quand une personne est malade de la teigne, on ne lui £ût prendre que des aliments trempés dans les eaux du lac de Grandlieu, et l'on couvre sa tête de Hnges imbibés aussi de ces eaux. »
(Ogèe, art. Saint-Aignan.')
A Monterai, arrondissement de Montfort, fontaine Saint-Genou, on y va en pèlerinage.
Autrefois on jetait de la monnaie dans la fontaine ; il y a un tronc maintenant pour y déposer les oâ&andes.
(Commnniqué par M. L. Decombe.)
« L'église de Besné (Loire-Inférieure), la chapelle de Saint-Secondy sa fontaine et le petit dol-
men de Pûrre-d-Berle, sont l'objet de fréquents pÈlerinages. »