F. — LBS LAVANDIÈRES DE NOTT
Certains doués sont affectionnés par les lavandières de nuit. Parfois elles restent des années sans qu'on entende parler de leur battoir, puis tout d'un coup elles reparaissent. En lUe-ct- Vilaine, on prétend que les lavandières de nuit sont des mères qui ont tué leurs enfants, ou bien des femmes qui ont lavé le dimanche.
Les personnes qui ont lavé le dimanche reviennent en jour — mais la plupart du temps invisibles — au doué où elles lavent à l'heure où elles ont violé pendant leur vie le repos dominical. (£.)
Les lavandières de nuit sont communes en Basse-Bretagne
{. U UiD, p. 411, nu ; SDuvenie, Lu i n Mlm il Huilpiti, •
1« Jima des niéres
Aui Guerches, près Matignon, il y avait des faamdières qui faisaient tordre le linge; il y avait aussi une dame blanche.
11 &ut bien se garder d'accepter de tordre le- Unge, car si on se irompait en le tordant, on mourrait.
Une lavandière de Dinan, morte aujourd'hui, tx connue dans la ville sous le sobriquet de k mère Paillasse, était allée un soir voir une femme en couches qui demeurait dans une ferme, â quelque distance de la ville. Vers une heure du matin, elle quitta \s. malade et se mit en route pour s'en retourner chez elle. Pour s'abréger,
, elle passa par k prairie des Noes-Gourdais, oti il y a un dont. Auprès elle aperçut une femme qu» iieudait du linge, et il y en avait un paquet
I considérable. Elle s'arrêta auprès de la lavandière
: et lui dit ;
— Vêtes ben tard anê (aujourd'hui.) L'autre ne lui répondit rien, et elle ne voyait pas sa figure, à cause de la lune qui était derrière sa tète. Elle lui aida à ramasser le linge, et quand il fut mis en paquet, elle lui aida à le soulever sur son dos. La lavandière se tourna alors, et la mère Paillasse s'aperçut qu'elle avait une tête de mort. Elle s'en alla au plus vite, et toutes les fois qu'elle racontait cette aventure, elle était si émue que la sueur lui perlait sur le front.
(Conté par M. Léonce Petit, qui, étant en&nt, a entendu k lavandière elle-même la raconter.)
Un homme qui passait une nuit près des Noes- Gourdais vit une personne occupée à ramasser du linge, qui le pria de lui aider à le tordre. L'homme s'approcha et prit les draps par un bout; mais la femme lui frappa un coup sur la figure avec l'autre bout du drap, et l'homme s'aperçut qu'il avait devant lui un fantôme. (D.)
« Au-dessous de l'Angevinais, il y a un endroit du canal qui s'appelle Ponha. Une nuit, une femme de Conaquen, croyant être au matin, descendit à la rivière pour laver. Elle cria à son mari : « Thomas, passe-moi des draps, » et au même moment elle tomba dans la rivière, où elle se noya. Depuis ce temps, elle revient vers
DE LA HAUTE-BRETAGNE 2;i
la Toussaint, entrediset onze heures du soir. On l'entend frapper trois coups de battoir, puis on n'entend plus riea. Plusieurs personnes encore rivantes l'ont entendue, et lorsque les femmes se lèvent avant le jour pour aller laver ou restent trop tard le soir, on leur dit : h Vous allez faite comme la lavandière de Ponha. »
(RecncaU par »"• ËLedic Bcmird.)
En Bary (cf. G. Suml, L^. nul., p. 61), les ^m» d» inkidit
Après dix heures du soir, sous les anciens ponts des environs de Bécherel et de Tinténiac, principaleraent à Piedlouais, près des Iffs, il y a des femmes qui lavent. Si on s'approche d'elles, on voit comme une lueur, et elles disent :
— Suivez votre route ; je fais ce qui m'est ordonné.
Dans le pays, on prétend que c'est surtout une femme catholique, tuée jadis par les huguenots, ijui revient ainsi la nuit.
(Conti p.r J. Ugendra, <1= Siim-Brieuc-iH-Iffs, .830.)
Od dit aussi que les enfants qui ont frappé leur mère étant petits ne peuvent avoir de repos que lorsque leur mère est venue les frapper;
jusque-là, le bras coupable sort de la tombe. (S.-C, E.)
Cette croyance est connue en Anjou et en Normandie (cf. A, Bosquet, p. 283).