‹ Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (volume 2)Chapitre 46 sur 54 · TRADITIONS ET SUPERSTITIONS 3OI · texte numérisé non relu

TRADITIONS ET SUPERSTITIONS 3OI

ders et leurs adeptes, et aussi parfois les prêtres, l'ont en leur possession.

Les prêtres pessest pour «voir un pouvoir analogue à celui des sorciers (cf. A. S. Morin, Lt Pritrt et le Sorcier); même croyance en Normandie (cf. A. Bosquet, p. 296). Les sorciers se servent du Petit Alberf ailleurs qu'en Bretagne, en Poitou par exemple (cf. Desaivre, Les Sorciers et les Devins, p. 6); en Berry (cf. Laisnel, t. I, p. 313); en Normandie (cf. Amélie Bosquet, p. 390). Le Dragon rouge y est aussi connu.

A Paris même, le tribunal de la Seine jugea, en décembre 1879, une affkire où le Petit Alhert jouait un rôle important.

Les colporteurs qui parconrent les campagnes vendent anx paysans un livre intitulé le Petit Albert (Paris, Le Bailly, s. d.) oà la sorcellerie est très-anodine ; il se termine même par une série de conseils aux laboureurs, qui ne feraient pas mal d'en suivre quelques-uns. Ce n'est pas eelui-U qui est le livre des sorriers. Cest plutôt le Solide Trésor du PetU Albert, imprimé à Lyon ctt IS16, et réimprimé depuis. « La vente de ce livre a été défendue plusieurs fois sous des peine» sévères ; mais cela n'a servi qu'i en augmenter le prix. Plusieurs paysans ont vendu leurs boeufs pour acquérir le Petit Albert. » (J. M. Cayla, Le Diable, p. aaa.)

Le Petit Albert donne le pouvoir d'évoquer le diable, de lui commander de Touvrage, de faire venir les animaux» etc.; mais c'est un livre fort dangereux pour ceux qui ne savent pas parfaitement la manière de s'en servir, car le diable une fois venu, il leur est difficile, s'ils oublient certaines paroles, de le renvoyer, et l'on cite nombre de gens auxquels le Petit Albert z été funeste.

Mais le malade, qui savait que P... passailf pour sorcier, refusa le tabac et fît le signe de la croix. Les messieurs rouges disparurent aussitôt.

Le lendemain, il envoya chercher le recteur, auquel il raconta tout. Le prêtre dit que P... avait dû lire le Petit Albert, et il finit par trouver le livre de P... Il le mit dans le foyer pour le brûler; mai^ le livre sautait dans le feù comme s'il avait voulu en sortir. Le prêtre le repoussait dans les flammes avec sa canne, et il brûla longtemps sans se consumer.

P... prétendait pouvoir, à l'aide de son livre, rassembler tous les corbeaux et toutes les cor* neilles du pays. (E.)

Gilbert Cousin de Mozereth raconte qu*an )euBe homme tpnx reçu un papier magique couvert de figures horribles, le }eta ao feu; mais ce papier y fut une demi-heure sans pouvoir êtie consumé (Bordelon, Hist.de M. OuJU, p. 306).

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Mais le malade, qui savait que P... passait pour sorcier, refusa le tabac et fît le signe de la croix. Les messieurs rouges disparurent aussitôt.

Le lendemain, il envoya chercher le recteur, auquel il raconta tout. Le prêtre dit que P... avait dû lire le Petit Albert^ et il finit par trouver le livre de P... Il le mit dans le foyer pour le brûler; mai^ le livre sautait dans le feù comme s'il avait voulu en sortir. Le prêtre le repoussait dans les flammes avec sa canne, et il brûla longtemps sans se consumer.

P... prétendait pouvoir, à Taide de son livre, rassembler tous les corbeaux et toutes les cor* neilles du pays. (£.)

Gilbert Cousin de Nozereth raconte qu'un jeune homme ayant reçu un papier magique couvert de figures horribles, le jeta an feu; mais ce papier y fut une demi-heure sans pouvoir ètte consumé (Bordelon, Hist. tU M. OuJU, p. 306).

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