‹ Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (volume 3)Chapitre 12 sur 85 · LES SAINTS · texte numérisé non relu

LES SAINTS

« Sur la lande de Guerchmen (owerc’h men, roche à la Vierge’), près Bains, est un menhir appelé par les paysans la Roche aboyante, et qui, selon la tradition, n’est autre chose qu’un chien

pétrifié par saint Convoyon, qu’il poursuivait un jour que le saint traversait la lande, »

(Guillotin de Corson, Stat. de Redon, p. 2.)

« Partout où se trouvent ces grandes pierres, la tradition populaire s’est ingéniée à les désigner à sa manière. À Plessé (Loire-Inférieure), les menhirs sont des chasseurs avec leur meute de chiens transformés en pierres pour n’avoir pas su sanctifier le dimanche. »

(Guillotin de Corson, p. 24, Trad. et léo.)

On peut rapprocher ces deux légendes de celle de Carnac: un jour que des soldats poursuivaient saint Cornély, ils furent transformés en pierres, et ce sont eux que l'on voit encore alignés.

« À Cheix (Loire-[nférieure) est une sorte de dolmen qui, d’après le dire des habitants, aurait été placé là par saint Martin, qui est le patron de la paroisse. »

(Ogée, art. Cheix.)

Dans la Haute-Vienne (cf. Laisnel de la Salle, t. I, 113), lérection d’un dolmen est attribuée à sainte Marie-Madeleine.

D’après Souvestre, les pierres de Lanvaux auraient été apportées par la Vierge dans son tablier. (Derniers Bretons, t. 1, p. 119.)

Près de Poitiers, il ya la Pierre-Levée, soutenue par cinq piliers, Sainte Radegonde aurait apporté sur sa tête cette pierre en ce lieu, et les piliers dans son tablier. La sainte ayant laissé tomber le sixième pilier, le diable le ramassa et l’emporta. (P. Athenas, Lycée armoricain, t. II.)

« Dans la forêt de Talensac, au sud et près de

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Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine), nous avons remarqué un bloc de grès énorme, sorte de table couchée ou de menhir renversé, connue dans le pays sous le nom de Grès de saint Maer.

« Ce grès est couvert dans tous les sens de fines rayures et percé de nombreux trous du calibre d’un canon de fusil de chasse.

« La légende du pays rapporte que saint Maen, qui était charpentier, aiguisait ses outils sur cette pierre : de là les rayures et les trous encore visibles. Au reste, les bûcherons du voisinage ne se font pas faute, encore aujourd’hui, d’imiter saint Maen. La rouille et les traces de fer sont apparentes, sans avoir rien de commun avec les traces primitives.

« Un jour, toujours selonla légende, saint Maen, après avoir aiguisé sa hache, l’aurait lancée devant lui, et l’outil, tombant à trois kilomètres de là, aurait désigné la place où est maintenant bâti le bourg qui porte son nom.

« Dans l’est de la France, nous avons recueilli des traditions de même nature, relatives à des camps celtiques : à Raon-l’Etape, Bourguignonles-Morey (Haute-Saône). Il y est question de pierres énormes lancées de colline à colline jusqu’à de grandes distances. »

(Theuvenot, Notes sur quelques monuments anciens, p. 7-8.)

« À Mégrit, arrondissement de Dinan, une

pierre posée à la surface du sol porte le nom de

Pierre de saint Patrice. Elle est percée dans toute

sa longueur. C’est, dit la légende, dans ce trou

que saint Patrice s’est caché pendant longtemps. » (Ernoul de la Chenelière, p. 3.)

Le beau menhir du Champ-Dolent, près Dol, est une pierre tombée du ciel pour séparer deux frères qui se battaient en duel.

D’après une note communiquée par M. Bézier, on raconte aussi que la pierre du Champ-Dolent et celle de la Mairie en Cuguen sont sorties de terre pour mettre fin à une lutte fratricide.

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