O TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
ouvriers qui avaient tenté d’enlever le trésor de Néauñle se virent entourés de flammes (cf. sbid., p. 159).
« La tradition du pays veut qu’il y aït un trésor considérable sous un gros bloc de granit attenant au sol et creusé d’un bassin de 8 centimètres de diamètre sur 15 de profondeur, près la chapelle Saint-Eustache en Saint-Étienne-en-Coglès.
« La pierre de la Lande-du-Mont en Saint- Hilaire-des-Landes recouvre, suivant la tradition du pays, un trésor considérable. »
(Danjou, p. 6r et 67.)
Le beau menhir du Perrain, situé à la porte de Bain, est appelé par les habitants Pierre longue.
Tout près de lui sont deux immenses blocs de quartz qui ressemblent à des tombeaux. Les lapins du pays ont fait leurs garennes dessous. Les paysans, qui les nomment tables des fées, racontent qu’un trésor y est gardé par une levrette blanche, qui court toute la nuit sur la lande et s'amuse à jeter par terre les gens qu’elle rencontre. Tous vous diront l’avoir vue.
(Communiqué par M. A. Orain.)
En Berry rôde aussi, autour des étables, et non dans le voisinage des mégalithes, une levrette blanche (Laisnel de la Salle, t. I, 176) ; en Normandie (cf. A. Bosquet, p. 150), certains trésors sont gardés par des chiens noirs.
« Les débris d’une grotte aux fées, à un kilomètre de Plurien, couvrent des richesses incalcu-
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lables. Mais pour les posséder, il faudrait, lors de la pleine lune, se présenter à minuit sonnant devant la grotte enchantée, et rompre la chaîne de lutins grimaçants qui l’environnent. Une nuit, un laboureur, mécontent de son sort, passait près de la grotte; il vit sortir de la terre un être à forme humaine, tenant dans chacune de ses mains un flambeau d’où s’échappait une lumière semblable aux flammes d’une fournaise ardente.
Cette apparition avait les proportions d’un géant ; de sa voix lugubre elle dit au laboureur : « Si tu veux en finir avec cette vie de misère, suis-moi. » L’imprudent suivit le fantôme, et depuis on ne l’a plus revu. C’est une histoire que les gens de Plurien racontent pendant les soirées d’hiver. »
(B. Jollivet, p. 319.)
Presque partout les paysans croient à l’existence de trésors enfouis sous les menhirs; certains recouvrent des barriques d’argent, à Meillac (Ille-et-Vilaine) par exemple ; mais ils savent de leurs pères que la pierre doit se renverser sur le sacrilége, et ils la respectent. On m'a toutefois assuré que certains paysans, la nuit, ont essayé des fouilles, à Meillac notamment.
(Communiqué par M. Bézier.)
En Normandie (cf. À. Bosquet, p. 145), celui qui touche un trésor le premier meurt.
« À Pordic trois barriques d’or sont, d’après les gens du pays, enfouies sous le dolmen de la Table- Margot. On essaya, il y a quarante ans, d’après le conseil d’une bohémienne, de soulever avec des pinces et des pioches la pierre sous laquelle ‘est caché le trésor; mais les prescriptions de l’'Égyptienne n’avaïient pas été exactement suivies ; aussi la pierre retomba-t-elle chaque fois qu’on voulut la relever, ce qui obligea de renoncer à l’entreprise. »
(Habasque, t. III, p. 16.)
« Des femmes du village, près de la Rocheaux-Fées de la fontaine Cadio, en Plédran, nous dirent que des trésors y étaient cachés, et que celui qui serait assez heureux pour y jeter quelque chose de bénit à l'instant où ils sont étalés en deviendrait l’heureux possesseur. »
(Habasque, t. II, p. 364.)
« ‘On dit que la Roche-Longue (près Quintin) foule des trésors, et que les esprits viennent ‘pendant la nuit danser en rond tout à l’entour. »
(Baron Dutaya, Brocéliande, p. 246.)
Sous Crokélien, en la commune du Gouray, où sont des Roches-aux-Fées (un dolmen), il y a une barrique d’argent; mais elle ne se découvre que le jour de Pâques, et on ne peut lavoir que si on garde le silence pendant qu’on est à l’ôter.
Un jour, des hommes du Gouray avaient saisi la
barrique avec des cordes, et elle commençait à
sortir, lorsque l’un d’eux dit à ses camarades : —
Tiens bien, je l'avons. Aussitôt la barrique disparut. (Conté en 1881, par J. M. Comault, du Gouray.)
En Berry, les monuments mégalithiques recouvrent aussi des trésors : ainsi le monolithe de la Pierre à la femme protége un immense trésor qui ne s'ouvre que le dimanche des Rameaux, et seulement pendant le moment qui sépare le retour de la procession à l’église des trois coups frappés à la porte. (Cf. Martinet, p. 7-8 ; Laisnel de la Salle, t. I, 112.) Ailleurs c’est pendant la nuit de Noël que les pierres changent de place. (Cf. Martinet,
: On ais en Normandie la même croyance aux trésors enfouis sous les mégalithes. (Cf. A. Bosquet, p. 178, 181, 182, 186, 1E9.)
L’un des deux menhirs aujourd’hui renversés qui se trouvaient au sommet du bois de Mont- Beleux (cf. Belen, Tombelaine, étc.) recouvrait un trésor considérable. « Tous les ans, pendant la nuit de Noël, un merle vient la soulever et découvre le trésor. Mais malheur à l’imprudent que la cupidité pousserait à chercher à s’en saisir ! Il n’en aurait pas le temps et périrait écrasé par l'énorme poids de la pierre qui s’abattrait sur sa tête. »
(Danjou de la Garenne, p. 46.)
En Eure-et-Loir existe la croyance que la Pierre qui vire de Brunay-le-Gillon met à découvert un trésor pendant la généalo-
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gie de l’évangile de Noël. (Cf. Morin, Le prêtre et le sorcier, P. 10.)
« On voit à Noyal-Pontivy un peulvan large d'environ 1% 60 à 2 mètres, et haut de $ mètres, et plus étroit à sa base qu’à son sommet. On dit dans le pays que, la veille de la nuit de Noël, il se met en marche et va boire au Blavet. En ce moment on pourrait enlever le trésor qui est caché sous cette énorme masse ; mais comme le peulvan retomberait sur celui qui ne serait pas en parfait état de grâce, nul ne s’aventure à tenter d’enlever cette riche proie. » (Ogée, art. Noyal-Pontiuy.)
Cf. aussi Souvestre, le Foyer breton, conte des Pierres de Plouhinec qui vont boire à [a rivière d’Intel et laissent à découvert leurs trésors.