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Su moment où le christianisme s’introduisit té en Gaule, le culte des pierres, des arbres et des fontaines y était florissant. Les apôtres de la nouvelle religion, dès qu’ils eurent un nombre respectable d’adhérents, essayèrent de détruire les pratiques qui rappelaient le culte qu’ils voulaient remplacer. De l’an 452, date du deuxième concile d’Arles, à l’an 658, concile de Nantes, nombre d’assemblées ecclésiastiques s’occupèrent de la question. Les évêques dans leurs lettres et leurs mandements, Carloman, Pépin, Charlemagne dans leurs capitulaires, joignirent leurs efforts à ceux des conciles (1). Mais
(1) Le texte de ces conciles, les lettres des évêques et les Ca-
46 TRADITIONS ET, SUÜPERSTITÉEONS
les pratiques superstitieuses des cultes ont souvent la vie plus dure que les religions elles-mêmes, à qui elles survivent fréquemment, et de nos jours encore, plus de quinze siècles après l’établissement du christianisme dans les Gaules, l’idolâtrie des pierres, des arbres et des fontaines subsiste encore. Si le culte qu’on leur rend est limité à quelques pierres, à des fontaines, à un petit nombre d’arbres, s’il va s’affaiblissant peu à peu, il est possible d’en retrouver des vestiges notables, et plus fréquemment qu’on ne croit.
Le docteur Fouquet, qui avait étudié les superstitions du Morbihan, écrivait en 1853 : « De nos jours même, où nous devrions tous être éclairés par les progrès de la raison et les lumières de la foi, ne comptons-nous pas parmi nous bien des adorateurs des fontaines et des pierres ? » (Des monuments celtiques, p. 11.)
Les manifestations de ce culte sont, presque toujours clandestines, à moins qu’elles ne soient revêtues d’un vernis chrétien, et les paysans n’en parlent pas volontiers. Ce n’est en quelque sorte que par surprise ou par desinterrogations détour-
pitulaires sont donnès ÿn exfenso dans l’appendice que M. Danjou de la Garenne a mis à la suite de son excellent travail : Statistique. des monuments celtiques de l'arrondissement de Fougères (Mëm. de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, t. II, p. 71-83).
nées que l’on parvient à obtenir d’eux quelques renseignements.
On trouvera ci-après les faits que j’ai pu recueillir personnellement, et ceux que d’autres avant moi avaient empruntés aux traditions orales.