II. — LES TRAVAUX DES FÉES
marquables par leur difficulté ou par leur élégance. On a déjà vu, au chapitre des monuments préhistoriques, et dans le présent chapitre, page 81, que la construction de nombre de mégalithes leur est attribuée; voici quelques autres travaux qu’elles ont accomplis.
À Ercé, on racontait autrefois que l’étang de Grafard, situé entre cette commune et celle de Gosné, avait été creusé la nuit par des fées qui, ayant désobéi à une fée supérieure, avaient été condamnées à faire ce travail.
A Saint-Cast, on prétend que ce sont elles qui ont bâti la tour de Cesson. Cette tradition existe aussi vers Jugon, et voici ce qu’on raconte : la fée qui faisait construire la tour aperçut sur sa route une pie morte. — Pourquoi cet oiseau ne bouge-t-il pas ? demanda la fée. — C'est qui est mort, lui répondit-on. — Ah! puisqu'on meurt, cessons, dit la fée. Et c’est depuis ce moment que la tour de Cesson porte ce nom.
(Conté en 1880 par Jeanne-Marie Chesnais, de Jugon, do-
mestique.) À Saint-Glen, près Montcontour, j'ai aussi retrouvé cette légende.
La légende de la pie morte, outre ce récit et le suivant, se retrouve ailleurs en Bretagne (cf. Guillotin de Corson, p. 176- 177, Où la rencontre d’une pie morte empêche la dame de la Thébaudaye d’achever son parc, et la reine Anne de terminer un <hemin).
« La chapelle de Saïint-Jacques-le-Majeur en Saint-Alban à un portail d’une élégante architectecture..... Ce sont les fées, dirent à Habasque (t. III, 170) les femmes du hameau, qui par enchantement ont élevé ce beau portail; mais par malheur, comme elles étaient occupées de leur travail, elles aperçurent une pie morte, — On meurt donc dans ce pays-ci? — Oui, reprit-on. Cette réponse les déconcerta, et elles s’en allèrent sans achever leur travail. »
En Normandie, la construction de certains édifices est aussi attribuée aux fées (cf. Amélie Bosquet, p. 100); il en est de même dans les Vosges (cf. Joanne, Vosges-Alsace, p. 96, t1I, 115, 276).
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