BLANCHES
la tombée de la nuit on voit — ce sont surtout des femmes auxquelles cette apparition se montre — des prêtres glissant comme des ombres ou des hommes blancs. Ceux-ci, qui ont le visage « blanc comme des linges » et sont habillés de blanc, ne se montrent qu'aux femmes isolées, et seulement pen- <lant Tété. Il y a quelques années, le bruit d'apparitions de ce genre se répandit aux environs <ie Plancoêt et prit une telle consistance, que la presse s*en mêla, et un peu aussi la gendarmerie.
Souvestre, Derniers Bretons^ t. I, p. 38, parle aussi d'hommes blancs qui ramassent les âmes dans leur bissac, mais ce sont des diables.
- En plusieurs endroits se promènent des dames blanches, qui recherchent surtout le voisinage des anciens châteaux (cf. plus loin le chapitre intitulé Souvenirs historiques). En 1878, une dame blanche se montra à Léhon, près Dinan, pendant
ai6 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
plusieurs soirs ; mais un journal ayant annoncé que quelques habitants se proposaient de voir si les balles passaient à travers l'apparition sans laisser de trace, la dame blanche cessa prudemment ses promenades.
Autrefois il y avait à Moncontour une dame blanche qui montait une des rues ; elle était vêtue de blanc ; son corps avait l'air d'une fumée ; elle semblait seulement effleurer la terre. Une nuit qu'il faisait clair de lune, un domestique dit à une servante qui traitait la dame blanche de fable que si elle voulait la voir, elle n'avait qu'à s'attirer sur sa porte. Elle le fit, et la vit en effet ; mais quand elle fut sur le point d'arriver à côté de la maison, la servante ferma la porte.
(Communiqué par M. £. Hamonîc).
Un livre des plus curieux, Guyonvac'hy raconte qu'en Basse^ Bretagne on voit la procession des six dames blanches du sise de Kirouan, p. 31.
Les dames blanches sont aussi connues en Normandie (cf. A. Bosquet, p. 103) ; mais elles sont plus malfaisantes que celles du ^ays gallot. On les retrouve en Franche- G)mté, en Bout» gogne (cf. D. Monnier, p. 430, 432, 443), etc.