IV. — LES FILANDIÈRES DE NUIT
!ARMi les superstitions nocturnes, il faut aussi noter les Filandières de nuit : je n'ai pas constaté personnellement cette légende, mais elle a été trouvée sur les rives de la Rance et dans la partie française du Morbihan -
^ « Jeanne Malobe est une filandière qu'on voit le soir, travaillant toujours et marmottant des paroles inintelligibles ; elle lessive son fil à Vorvaye, qui est un beau doué ; on la voit courir par les garennes en agitant sa quenouille et poursuivant des animaux fantastiques, et elle écarte de son travail la menée ankine.... Elle ne suspend son travail que lorsqu'elle voit passer l'homme sans tête du Bignon. Cet homme parla à une fille du pays et lui prédit sa fin prochaine.... Quand il a passé, Jeanne Malobe reprend sa quenouille, et l'on dit qu'elle doit filer éternellement les tuniques des saints et des anges. »
(M«« de Cemy, Saint-Suliac, p. 39.)
2l8 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS
« Une jeune fille qui filait le samedi après le dernier coup de minuit, vit près d*elle, quoique sa porte fût fermée, une vieille qui lui fila en peu de temps tout son linge et le lui mit à blanchir. Comme elle était occupée à cette besogne, le coq chanta.... La vieille lui dit qu*on ne la voyait jamais qu'une fois et qu'elle était la filandière de nuit.
« Le lendemain on trouva la fille morte sur sa lessive. »
(Fouquet, Lég. du Morb.^ p. 60.)
D'après JoUivet, t. I, p. 348, une bonne femme de Plœuc ayant travaillé après minuit, une fée horrible était descendue par la cheminée pour lui reprocher de filer, et la femme était morte de frayeur.
En Berry, il y a la Broycuse de nuit, dont on se débarrasse en mettant une £iux en travers de la broie (cf. G. Sand, Lég. rust., p. 38.)
s V. — LES CHASSES FANTASTiaUES
|E Charioi de David passe dans les airs, pendant les belles nuits d'été, avec un grand bruit, rapide comme le vent.
Ce sont les migrations des oiseaux voyageurs qui, en volant dans Tair , à une grande hauteur, produisent le bruit qui est l'origine probable de cette croyance. Elle est connue dans le canton de LifFré (lUe-et- Vilaine) et probablement ailleurs. Ma belle-mère, a eu une domestique qui affirmait avoir plusieurs fois entendu passer dans les nues le Chariot de David.
Ailleurs, on entend la Chasse saint Hubert (Plévenon), la Chasse Arthur ou Chasse Arthu' (vers Bécherel), qui fait un bruit semblable à celui d'une meute qui aboie. On croît que cet Arthur était une sorte de roi <]es chasseurs «
A Saint-Snliac, diaprés M"^* de Ceray, Jeanne Malobe, la filandiire de nuit, poursuit des animaux fimtastiqaes et écarte la menée ankine. Celle-d est composée d*animaux carnassiers qui chassent et qui massacrent les animaux doàiestiques et tous les hommes qui sont sur son passage (p. 33).
uc t Ribiui (cf. Uiiimct,p. )). lachuaeàRigiud, BMtt (et. Uitucl, I. I, lis CI it% oC sodi àtèt illirei); en Poilan, U i:hu» Gilcric (tf. Saai:b(, ,, p. S4) ; en Ftiudie-Comlt, In cluuse d'Olilen», roi HiroJe (rf. Monnicr, p. 79, «0, BS), elt.