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L'EFFONDREMENT DE LA MONTAGNE

Après que la terre eut été refaite par Tchapéwi, tous les hommes se réfugièrent sur une terre très élevée, une haute montagne, et ils y construisirent quelque chose de rond et de tubulaire, semblable au tuyau de ton poêle, mais très vaste et très haut.

— Si l’inondation arrive encore et qu’elle envahisse la terre, nous nous réfugierons dans ce fort élevé, se dirent-ils.

Il y avait tout auprès de ce grand tube de pierre des houillères en combustion (Derkponni).

Or, comme ils avaient déjà élevé leur fort très

LA

(1) C’est aussi le nom esclave des Cris. (Comparez avec la XXXIXe des Peaux-de-Lièvre, intitulée Inffon-pa, page 246.

gerer merenn

haut, ils entendirent tout à coup partir du flanc de la montagne des voix terribles qui se moquaient d’eux et disaient en ricanant :

— Voilà que votre langage n’est plus le même; votre langage est tout changé ! leur disait-on en riant d’un air sinistre.

Les hommes tressaillirent d’épouvante et se mirent à frémir de frayeur. Au même instant, les mines de bitume qui fumaient autour d’eux prirent feu, les rochers éclatèrent, la montagne s’entr’ouvrit, et il en sortit un feu immense ; puis elle s’affaissa avec un grand fracas, et à sa place il n’y eut plus qu’une plaine vaste et morne, couverte de débris fumants.

Quant aux hommes, attérés et pleins d’effroi, ils s’étaient dispersés par petits groupes dans toutes les directions, désormais incapables de se comprendre les uns les autres.

Cet écroulement de la terre-haute eut lieu dans l’Ouest.

Racontée par le chef montagnard Téti-wossa, dit Timbré, en 1869.

TOUNÉ

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