‹ Traditions indiennes du Canada nord-ouest [microforme]Chapitre 138 sur 160 · LB PARFAIT · texte numérisé non relu

LB PARFAIT

Napé eut trois fils, auxquels il donna des noms qui devaient être le présage de leur grandeur et de leur destinée futures.

Il appela l’aîné Kaïna (l'Homme de sang), afin de caractériser par cette épithète l'amour de ce jeune homme pour les combats, son ardeur pour la victoire.

Le cadet reçut le nom de Piéganit (Celui qui rassemble le butin) ou le Pillageur, parce que, plus positif et plus rusé que son frère, il visait surtout à s'enrichir par la déprédation et le pillage. Il aiinait mieux voler que tuer.

Quant au puiné, comime il ne reçut point de nom, il se mit à pleurer, disant à son père :

— Et moi, mon père, ne me donnerez-vous point également un nom, un nom qui porte en lui le présage de grandes actions ?

Alors Napé répondit en soupirant :

— J'ai tout donné à tes frères. Que puis-je t’accorder, à toi? Tu demeureras auprès de moi pour être le bâton de ma vieillesse.

D - CA dt0 pu is sé a

Puis, cédant tout à coup à une inspiration soudaine, il saisit dans le foyer de sa loge du charbon, en noircit entièrement les pieds du jeune homme attristé, en Jui disant :

— Toi, tu seras le Sixikaké (l’homme aux pieds noirs); et, en vertu de l’action magique que je viens d’accomplir sur toi, tu deviendras redoutable à tes frères et à leurs enfants. Laisseles guerroyer, tuer et piller ; toi, agis sagement ct prudermiment. Sois l’homme des conseils, de la médecine et de la magie. Homme aux pieds noirs, tu seras respecté, craint, redouté, et tu domineras tes frères !

Le jeune homme remercia son père et se retira satisfait.

De là les trois fractions sœurs de la famille des Ninnax ou Hommes: les Xaïnax où Hommes de sang, les Piéounix ou Pillageurs, et enfin les Sixikakex ou Pieds-Noirs. Ces derniers sont devenus les plus forts, les plus nombreux et les premiers. Ce sont eux qui donnent leur nom à toute la nation.

A ces trois tribus, on ajoute les Sarcix, qui sont une fraction de la famille Dènè adoptée par les Pieds-Noirs.

Racontée par Aokayé, Piéganiw des montagne:

aux Pores-Épics, en 1882. :

SPPPPPPIESS

ation sou- 1 charbon, €e homme

mme aux | inagique deviendras ts. Laissesagement eils, de la ieds noirs, domineras

t se retira

amille des ommes de enfin les

sont deet les prem à toute

Wrcix, qui optée par

ks montages 2.5

NAPÉ

(Autre version de la même légende, d’après les Cris)

À une époque très Cloignée, vivait un vénérable vieillard, appelé, Mapi ou Napé, c’est-à-dire le Sage, qui avait trois fils.

Les deux plus âgés s’appelaient, l’un Pééganiw (Pillageur), l’aut:e ÆKaïna (Homme de sang).

Mais le troisième, ne s'étant jamais distingué à la cuasse, à la guerre ou à la maraude, comme ses aînés, n’avait point encore reçu de nom.

Cette divergence fut cause que le jeune fils était un objet de mépris pour ses aînés. Du mépris à la haine, il n’y a qu’un pas; de sorte que Pinfortuné jeune homme, sans nom et sans mérite, voyait l'horizon de son avenir s’ouvrir bien noir à ses yeux. ‘

Il ne put s'empêcher de se plaindre de son triste sort à son père, qui, touché de pitié, résolut de tirer son jeune enfant de l’opprobre où sa nullité le plaçait aux yeux de ses aînés.

Comme le vieillard était un médecin très habile et très redouté, il frotta de charbo: les pieds de son jeune fils, et, par cette miilecine forte, le rendit invulnérable en même temps que

mn pére ra nr and dl annen jo dr mt

:.pte aux plus hautes prouesses. Il lui donna alors le nom de Pied-Noir ou Sixikaké, que ses descendants ont porté jusqu’à ce jour. Ce nom et cette magie les a rendus la terreur de leurs ennemis en même temps que la gloire de leur nation.

Aussi ont-ils dominé leurs aînés. Les Cris les appellent Ayatç-iyiniwok : les Hommes étrangers.

Racontée par M. Billy Mackay, métis-cris de la haute Saskatchewan, en 1873, au fort Pitt.

Page 1