‹ Traditions indiennes du Canada nord-ouest [microforme]Chapitre 18 sur 160 · AL LS · texte numérisé non relu

AL LS

Phoïographic 23 WEST MAIN STR&ET SCIENCES "nas" Corporation

LÀ

s’envola sur la mer immense. Il vola au loin, et toute terre disparut à ses regards. Lorsqu'il jugea à propos de se reposer et de dormir, il s’écria :

— Banc de sable, surgis!

Aussitôt un îlot sablonneux surgit du milieu de la mer, Atsina y descendit à tire d’aile, y dormit et s’y reposa.

Étant encore reparti, il s’envola encore plus loin. Puis, voulant se reposer de nouveau et dormir, il s’écria :

— Souche, surgis!

Aussitôt une souche naquit de la mer, sur laquelle il se reposa et reprit haleine.

De là, il s’envo!a vers ce frère aîné si barbare, qui l’avait repoussé et avait attenté à sa vie. IL le trouva visitant ses filets dans son canot. Alors, emporté par son aigle, il se mit à tournoyer autour de lui en volant, et saisit son frère aîné par les cheveux :

— Quoi! mon frère cadet, s’écria celui-ci, estce bien toi? J'ai pensé que je ferais sagement de te donner l’une de’mes femmes.

— Je n’en veux pas, répondit Atsina.

Aussitôt il se jeta sur son aîné, il le traîna dans un cours d’eau souterrain, et le tenant toujours par les cheveux, il le barbotta dans l’eau jusqu’à ce qu’il fût noyé. Alors seulement il lâcha le cadavre, qui coula à fond.

loin, et il jugea cria :

ilieu de dormit

re plus et dor-

sur la-

barbare, ie. Il le . Alors, ver auîné par

ci, estent de

traîna tenant dans lement

DES DINDJIÉ OU LOUCHEUX 6s

De là, Atsina s’en alla au lieu où demeuraient les deux femmes de son frère aîné. Ces deux femmes étaient sœurs et logeaient au sommet d'une montagne, dans une petite tente. L’Étranger gravit la montagne, pénétra dans la loge et s’y assit.

— Femmes, dit-il aux deux sœurs, voici que je viens de parcourir toute la terre à l’aide de mon blanc vêtement en peau d’aigle. Tous les habitants en sont morts (1).

Il s’assit entre elles comme s’il eût été leur mari, et il leur donna à manger. Sur l’une des deux il y avait des belettes, sur l’autre, des souris, qui y vivaient en parasites. Afsina les en débarrassa. Lorsque la nuit arriva, il dormit entre elles et avec elles.

Atsina perça le sein de l’une de ces femmes du tuyau de ses blanches plumes, et elle conçut un fils qu’elle mit au monde. L'autre femme en fit autant.

(1) En lisant cette légende on ne peut s'empêcher de penser à ce passage de Jérémie, parlant de Moab, peuple de Loth :

— « Dounez, donnez des ailes à Moab pour qu'il fuie d’un vol rapide ; et ses villes seront désertes et inhabitées. » Et plus loin : 4

— « Le Seigneur dit: Voilà que je volerai conme l'aigle et que j'étendrai mes ailes sur Moab. »

(Jérémie, xLvirt, 9-40.)

Page 1