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— Non pas, dit Kha-tpa-endié ; il n’en sera point ainsi. Nous ne sommes pas des meurtriers. Mais retire-toi loin de nous.
Tout à coup, Yamon-kha se mit de nouveau en colère; il se jeta sur son neveu, il le précipita du haut en bas de la montagne. Il précipita également les deux femmes de Kha-toa-endié, et par la vertu de sa médecine, il les convertit en rochers.
Ces gens-là devinrent des statues de pierre.
Eïles sont encore debout sur la pente de la montagne que l’on nomme Onfu-ratpu yué, où tu as pu les voir (1). Celui que l’on appelait Ekhéfsinyé, qui était également son neveu, Yamon-kha le précipita aussi.
Après ce beau coup de main, Yamon-kha étant reparti, il se dirigea vers le fleuve Mackenzie, alluma du feu dans la forêt et y demeura sur les plateaux pour chasser le castor.
Profitant de son absence, tout ce qui restait de ses parents se sauva dans les bois, tant ils le redoutaient. Et même, dans le dessein de se débarrasser de lui, ils se livrèrent à la magie malé-
(1) J'ai vu effectivement trois! rochers pyramidaux isolés et s'élevant comme des bonshommes de pierre sur la verge d’un précipice, de la chaîne orientale des montagnes Rocheuses, à 10 ou 12 lieues du fort Bonne-Espérance.
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factive nommée Ekhéa-tayétlin ou le Jeune homme lié.
Quant à ÆXfwin-péli et à son frère cadet, ils chassaient.
Tout à coup, en leur absence, Yamon-kha revint en tapinois; il se déroba aux regards de tous, et il se métamorphosa en ours pour espionner ses parents. Il les vit, se jouant avec l’Enfant-lié et faisant le maléfice.
Deux vieilles femmes aperçurent le malin déguisé en ours et dirent à la troupe :
— Voyez là-bas Yamon-kha qui arrive comme un ours.
Il l’entendit et gagna le bois.
La nuit venue, Kfwin-péli et son frère revinrent de la chasse et rentrèrent sous leur tente pour y prendre leur repas. Yamon-kha s'y rendit aussi, surprit tout le monde endormi et y fit un grand carnage. Cependant, Kfwin-péli parvint à se sauver et raconta tout.
Yamon-kha s’étant aperçu de sa fuite, il le poursuivit, l’atteignit à une chute d’eau où l’autre s'était réfugié seul, Pattira avec un crochet, le tourmenta dans le dessein de le tuer. Et cependant, il n’en put venir à bout.
Ce fut le seul qui survécut à toute la famille de Yamon-kha.
Yamon-kha fut le premier homme qui ait osé
tuer des loutres (1). De grosses loutres vivaient dans un lac. 11 y alla et ne craignit pas de les tuer.
Une autre 'fois, il vit un castor gigantesque, de ces castors dont l'espèce est éteinte. Yamon-kha le vit, se mit à chanter, et le castor sortant de l’eau, il le prit et le tua.
Lui et Kfwin-pèli se firent la guerre jusqu’à une extrême vieillesse. La vieillesse les accablait qu’ils complotaient encore la mort l’un de l’autre : Yamon-kha à l’aide de son couteau, Kfwin-pèli avec ses flèches. Cependant ils ne purent venir à bout l’un de l’autre, et finalement, ils se laissèrent en repos parce qu’ils étaient trop vieux.
(1) D'après les Déné, la loutre, oem ou génie des Kolloches, est un mauvais esprit, c’est le diable. Jadis ils n’en tuaient jamais. Certains d’entre eux respectent encore ce préjugé. Il en est de même du loup et du lynx.