‹ Traditions indiennes du Canada nord-ouest [microforme]Chapitre 61 sur 160 · SA S S · texte numérisé non relu

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— Oh! c’est une martre, répondit la méchante femme, et elle disparut.

Le vieillard, étant aveugle, ne pouvait donc se défendre de cette mégère ni déjouer sa malice. A bout de patience et de courage, il quitta sa loge et s’en alla dans les bois, en tâtonnant. II marcha longtemps et arriva au bord d’un lac allongé, dans les eaux duquel il entendit crier un plongeon noir.

— Mon beau-frère, dit l’aveugle au plongeon, j'ai perdu la vue, je n’ai pu atteindre ton lac qu’en tâtonnant, et ma femme ainsi que mon fils m'ont abandonné.

Le plongeon se dirigea vers le vieillard et lui dit :

— Viens avec moi et laisse-toi conduire, je te rendrai les yeux.

Il le fit monter en croupe sur son dos, et nage1 vers le milieu du lac; puis il plongea tout à coup, entraînant l’aveugle avec lui sous les eaux. Ils demeurèrent longtemps sous l’eau. Lorsqu'ils reparurent à la surface du lac, le plongeon dit à l’aveugle :

— Eh bien ! cette terre sèche qui apparaît d'ici, la vois-tu ?

— Pas très bien, répondit le vieillard ; cependant je distingue quelque chose.

Alors, de nouveau l'oiseau noir plongea avec

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lui, et lorsqu'ils remontérent, le vieillard était redevenu jeune homme et avait recouvré la vue.

Alors, il quitta le plongeon bienfaisant, retourna sans peine à sa demeure, et y vit, sur un échafaudage, la viande de l’orignal qu'il avait blessé à mort. Mais il dissimula, et affecta de se comporter en aveugle, marchant en tâtonnant. Il tendit sa gibecière à sa femme pour qu'elle y mit de la viande. Mais elle ne lui donna rien, et, dissimulant, elle lui mentit.

— J'ai soif, dit l’aveugle, apportez-moi à boire. ;

— C’est moi qui vais y aller, dit la vieille.

Elle alla puiser de l’eau croupie et puante, pleine de vers et de nautonectes ({oé-/saë) qui y nageaient, et la lui servit à boire, parce qu’elle le croyait toujours aveugle.

Mais lui :

— Tu as donc envie de me tuer, que tu en agis ainsi ? lui dit-il.

ILse leva en colère, la jeta hors de la loge, lui cassa la tête et la tua. Voilà la fin (1).

(1) La finale de cette légende ne se trouve que chez les Téhippewayans, sous le titre de la Femme au serpent.

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/ | A 230 LÉGENDES ET TRADITIONS | | bita | } teai R L' XXXIII sioi , et 1 (A NNÉ ÊHTA-SON-TAGÉ che 11! (LE CHANGEMENT DE LA TERRE) ÿ | Au commencement, les Fantômes (1) demeu- da LE raient au Levant. Ces Fantômes furent d’abord F1

4 des chiens qui se métamorphosèrent en hommes. et

bn ! Alors nous, les Hommes (Déné), nous demeu- Le | | rions à l’Occident (Tahan); car nous autres, nous lc

sommes des hommes évidemment.

il | Alors nous nous batïions sans cesse avec les pa | | Fantômes; de part et d’autre, nous nous faisions be | (ul la guerre. la | 118 Alors tout à coup la terre fit ainsi : elle tourna

EU sur elle-même en intervertissant les points cardi- |A naux. Ce fut comme si elle avait pirouetté sur le | Li talon.

4 Depuis lors, les Fantômes demeurent à l'Ouest L des Montagnes Rocheuses ; tandis que nous sommes venus à l’Est de ces mêmes montagnes.

| Donc, tout au commencement, au bord de la 1 à grande mer occidentale nous habitions, alors qu’à }! 1 l'Est du Mackenzie, il n’y avait encore aucun ha- 8 {

(1) Un des noms donnés aux Aoloches par les Dènè.

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1est )m-

la u’à ha-

bitant; car nous sommes des habitants des plateaux des hautes montagnes. Nous ne connaissions pas encore le Nakotsia-kotché (le Mackenzie) et nous demeurions au milieu des Montagnes Rocheuses.

Alors un vieillard s’en vint jusqu’au fleuve et il y vit du poisson qui nageait. Il tendit un filet dans un remou et y prit beaucoup de poisson. Il s’en revint donc nous porter cette bonne nouvelle, et les Déné vinrent se fixer le long du Nakotsia-kotchô ; car avant ce temps-là nous demeurions à l'Occident des montagnes.

De cela il n’y a pas fort longtemps. Ce n’est pas comme pour les histoires qui précèdent. Ce vieillard s’appelait, dit-on, Téhané-zélé (le Vieillard chauve).

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