LE VIEIL AVEUGLE
Un vieillard, sa femme et son fils unique wivaient ensemble tous les trois. Le vieillard, en avançant en âge, avait perdu la vue. Sa femme était mauvaise ; elle avait une humeur fâcheuse et acariâtre. De plus, elle le trompait sans cesse.
Un jour, la femme de l'aveugle dit à son mari :
— Voilà là-bas un orignal qui paît.
, en ame se et
son
…— Donne-moi mon ar: et mes flèches, afin que j'aille le tuer, répondit l’aveugle.
Elle lui donna ses flèches, accompagna son mari jusqu’au lieu où paissait l’orignal ; ils s’embusquèrent, et elle banda l'arc dans la direction où était l’animal. L’aveugle tira, perça l’orignal d’une flèche et le tua.
— Ai-je touché la bête ? demanda-t-il.
— Non, tu ne l'as pas tuée, répondit la femrue.
— Hélas ! hélas ! reprit-il tout triste, c’est que je suis bien vieux et que je n’y vois plus.
Cependant, l'orignal n’était pas mort sur le coup; blessé mortellement, il gémissait et se débattait.
- Quel est donc cet anima! que j'entends plaindre ? demanda l’aveugle À sa femme.
Sans lui répondre, elle s’en alla sur la piste de la bête, la trouva abattue au bord de l’eau ; elle l’acheva, la dépeça et j"ta sa couverture sur la viande pour la cacher. Puis elle revint avec un des flancs, qu’elle fit rôtir à l’insu du vieillard.
sais lui :
— Quel est ce bruit que j'entends? demandat-il. C’est comme de la viande qui geigne en rôtissant. Où as-tu pris cette viande? Je sens
l'odeur du rôti; qu'est-ce donc que tu fais rôtir ?
Dore 2 NT ST