‹ Traditions indiennes du Canada nord-ouest [microforme]Chapitre 60 sur 160 · LE VIEIL AVEUGLE · texte numérisé non relu

LE VIEIL AVEUGLE

Un vieillard, sa femme et son fils unique wivaient ensemble tous les trois. Le vieillard, en avançant en âge, avait perdu la vue. Sa femme était mauvaise ; elle avait une humeur fâcheuse et acariâtre. De plus, elle le trompait sans cesse.

Un jour, la femme de l'aveugle dit à son mari :

— Voilà là-bas un orignal qui paît.

, en ame se et

son

…— Donne-moi mon ar: et mes flèches, afin que j'aille le tuer, répondit l’aveugle.

Elle lui donna ses flèches, accompagna son mari jusqu’au lieu où paissait l’orignal ; ils s’embusquèrent, et elle banda l'arc dans la direction où était l’animal. L’aveugle tira, perça l’orignal d’une flèche et le tua.

— Ai-je touché la bête ? demanda-t-il.

— Non, tu ne l'as pas tuée, répondit la femrue.

— Hélas ! hélas ! reprit-il tout triste, c’est que je suis bien vieux et que je n’y vois plus.

Cependant, l'orignal n’était pas mort sur le coup; blessé mortellement, il gémissait et se débattait.

- Quel est donc cet anima! que j'entends plaindre ? demanda l’aveugle À sa femme.

Sans lui répondre, elle s’en alla sur la piste de la bête, la trouva abattue au bord de l’eau ; elle l’acheva, la dépeça et j"ta sa couverture sur la viande pour la cacher. Puis elle revint avec un des flancs, qu’elle fit rôtir à l’insu du vieillard.

sais lui :

— Quel est ce bruit que j'entends? demandat-il. C’est comme de la viande qui geigne en rôtissant. Où as-tu pris cette viande? Je sens

l'odeur du rôti; qu'est-ce donc que tu fais rôtir ?

Dore 2 NT ST

Page 1