‹ Traditions indiennes du Canada nord-ouest [microforme]Chapitre 68 sur 160 · OBSERVANCES LT SUPERSTITIONS · texte numérisé non relu

OBSERVANCES LT SUPERSTITIONS

YÉNNÉNÉ GOFWEN

(LE TABOU DE Li FEMME)

Dans l’ancien temps, lorsqu'une fille n’avait pas encore atteint l’âge nubile, sa mère ne disait jamais devant elle : « J’ai eu mes règles » ; mais elle lui disait pour l’instruire : « La première fois que tu éprouveras en ton corps quelque chose qui t’effrayera, sauve-toi vite, cache ta tête dans ton capuchon et couche-toi. »

Alors, lorsqu’une fille s’apercevait de quelque chose qui l’émouvait et l’étonnait, elle s’enfuyait loin de la compagnie des hommes, et cachait sa tête dans son capuchon et sous sa couverture.

On la suivait, on parvenait jusqu’à elle, on examinaic ses habits, et lorsque sa robe paraissait souillée, on dressait aussitôt pour elle une ca-

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hutte, où on la servait comme une malade. On lui apportait à boire, et elle y demeurait cinq jours durants, faible et considérée comme malade. On cousait quelque vêtement pour elle, on ornait sa ceinture, on peignait son visage, on pommadait sa chevelure.

Dès ce moment, on ne lui servait pendant la première journée que du bouillon, en ne la faisant boire que peu à peu, non dans un vase ordimaire, mais à l’aide d’un chalumeau fait avec un os de cygne. On lui cousait un grand capulet pointu qui descendait jusque sur ses épaules, et sur son sein on plaçait deux bois en croix.

Il lui était défendu de briser les os du lièvre, de manger du sang, du cœur, du lard et des œufs. Cette observance, elle devait la tenir pendant tout un mois.

Tel était le tabou des Dza-tini ou filles nubiles, lorsqu’elles éprouvaient leurs règles pour la première fois.

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