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LES GÉANTS

Avant le Sensé, tous les hommes disparurent, et il ne demeura plus qu’un seul homme qui s’en alla quelque part. Comme il passait par un sentier qui traversait un lac congelé, il aperçut un orignal qui s’y promenait, et le poursuivit.

Bientôt il vit que le sentier se bifurquait.

— Qu'est-ce que cela signifie, pensait-il ; il n’y a plus d’habitants par ici, comment donc y a-t-il un double sentier ? Je vais me métamorphoser en hermine, afin que, si ces gens sont des géants, je puisse me sauver loin d’eux. |

Il se fit donc hermine, et ce qu’il avait pensé |

arriva. C’étaient bien des géants. La nuit venue, il

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alla les trouver en hermine, et, voyant au borä du lac un sentier bien battu, il grimpa sur un arbre, s’y jucha comme une belette et observa. Alors il vit un géant s’approcher du sentier, atteindre le pied d’une montagne et y pénétrer ; car les montagnes sont creuses. Il entendit du bruit dans la montagne, aussitôt il alluma un petit morceau d’amadou de bouleau et le jeta dans le trou. Alors il entendit que l’on disait sous terre :

— Voilà que l’on perçoit une odeur de terre brûlée |

Par le fait, il y avait là du bitume; cela prit feu et se changea en un grand incendie, qui brûla toute la montagne et tous les géants ou XKofténétchô qu’elle contenait.

YATPÉ-NONTAY, ETTSONÉ, EDZÉ

(CELUI QUI A TRAVERSÉ LE CIEL, LE GÉNIE DE LA MORT, LE CŒUR DE LA NATURE)

Quand on voit rutiler vivement les aurores boréales, cela dénote la présence du Cœur de la nature, le Génie de la mort, Celui qui a traversé

le ciel; car on lui donne tous ces noms. Il cherche la mort de l’homme et brûle les humains. Quelques hommes se disent devins et sorciers, qui implorent le Génie de la mort. Ce sont ceux-là qui nous rendent malades et qui nous font mourir.

L’aurore boréale est donc le Cœur. Quand elle tombe en traits de foudre, quand elle court vivement et avec éclat près de terre, elle affole la tête des humains, elle saisit l’homme et le foudroie. C’est pourquoi nous en avons peur et nous lui confessons nos péchés, afin qu’elle nous laisse vivre longtemps.

Dans la terre, il y a un étançon central appelé l’étai terrestre.

Tout en bas il y a, dit-on, du bois inférieur qui produit un grand feu, et les habitants du centre de la terre, semblables à des ours, demeurent dans ses entrailles avec les belettes, les rats, les souris, les musaraignes, les taupes, les vers et les serpents; car tous ceux-là ont été jetés et voués au feu. Ces habitants de la terre inférieure, nous les nommons Kpon-tpa. yékpon (Ceux qui brûülent dans le feu).

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