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LÉGENDES ET TRADITIONS DES DINDJIÉ OÙ LOUCHEUX

NOTICE ETHNOGRAPHIQUE

Les Dindjié (hommes) sont la fraction la plus septentrionale de la grande famille américaine des Déné qui, de la presqu'île Kænaï, dans l'Alaska, s’étend jusqu'aux confins de l’Arizona, en formant de ci de là des îlots englobés au milieu d’autres peuples à peau rouge.

Les Esquim.::, icuss voisins, les nomment J#yalit, Irkréleit, c'est-à-dire i 4: e vermine. Les Dénè, leurs cousins, les dés‘onent 5 18 © : de Dékkéri, Dékkédhé, Louches ; en canadien, Loucheu:.

Allemands, A-:!:: | Américains ont rivalisé dans la création de quiproquos, «ou: ant le nom véritable des Loucheux, et cela se conçoit d'autant plus facilement que leur diale-:« défie l'oreille la plus musicale et la langue la plus déliée. Dans !’extrème Ouest de l’Aluska, leur patrie, ce peuple porte le nom de Dœna ou Atæna (hommes). Dans le haut Youkon et dans le

bas Mackenzie, il prend celui de D,ndjié, qui a la même signification.

Ils ont les traits caractéristiques de la race hébraïque, unis au type hindou. Comme le premier de ces deux peuples et une fraction du second, ils pratiquent la circoncision. Leurs femmes sont très belles et beaucoup plus blanches que les hommes. Il existe également parmi eux un élément d’un blanc mat et farineux.

Quant à leur portrait moral, les Dindjié sont doux, humains, hospitaliers, intelligen.s, pleins de franchise et de bonhomie. Ils sont bons pour leurs femmes, aux avis desquelles ils se soumettent souve au point d’en faire des chefs : Rakrey, Tojon. Ils sont ingénie.: voyants.

Mais leur énergie le voisinage des Esquimaux, leurs ennemis, les a rendus bruyants, tapageurs, Irquaces, querelleurs, enthousiastes, surexcitables et faciles à émouvoir. Ce sont ces défauts qui leur méritèrent, de Mackenzie, le nom de Quarellers.

Les Dindjié n’ont jamais trempé leurs mains dans le sang des Européens.

Leur costume est l’habit samoïède en peaux de renne, pendant l’été, en peaux de lièvre blanc, durant l’hiver. Leur chlamyde, qui descend plus bas que le genou, se termine en queue pointue par devant ct par derrière, comme le poucho chilien ; elle est ornée d’une vaste pèlerine, et est, à peu de chose près, la même pour les hommes que pour les femmes.

Leur chaussure fait corps avec le pantalon, que les femmes portent également,

On n'aperçoit jamais chez eux ces nudités complètes qui blessent la vue parmi les Esquimaux. Comme les Déné, ils ont la nudité en borreur. Mais ils ne se font aucun scrupule de la fornication, du divorce et de la polygamie. Ils ont des chefs, mais on ne trouve chez eux ni lois, ni châtiments, ni récompenses.

Ce qui distingue particulièrement les Dindjié de leurs voisins, c’est la division de leur nation en trois camps ou fractions, indépendants de la division locale en peuplades. Ces camps prennent le nom d'hommes de la droite, Etchian-Koët ; hommes

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de la gauche, Nattséin-Ksét ; et hommes du milieu, Trendjrdhctiset-K,èt. Les jeunes gens d’un camp sont tenus de choisir leur épouse dans le camp opposé. Mais les hommes du milieu ont le choix entre l’un et l’autre camp. Les enfants : ppartiennent au camp de la mère.

Les Etchian sont réputés blancs, les Natiséin, noirs (1), et les Tsendjidhettset, bruns, indices du mélange de deux races et de métissage. Parmi les Nattséin se font remarquer les Kuchi Kutichin (géants gens), du Youkon, dont un grand nombre ont plus de six pie‘s de haut.

Les Dindjié sont sabéïstes et de race lunaire. Ils adorent dans l’astre des nuits Sié-zjié-dhidié, génie bienfaisant descendu jadis du ciel pour les éclairer, les instruire, les délivrer du joug de leurs ennemis, et qui, remonté au ciel et résidant dans la lune, est devenu le dieu de l’abondance et de la chasse, leur protecteur contre leurs ennemis. Cependant, cette divinité masculine revêt aussi à leurs yeux le caractère de génie de la mort et de la guerre.

Tel fut le triple caractère d’Hécate parmi les Grecs.

Mais les Dindjié adorent aussi Tifoié (père des hommes), qui rappelle l’Alfader des Scandinaves. Le caractère paternel que ce peuple donne à Dieu est touchant et vraiment remarquable. Aussi sont-ils, à juste titre, le peuple le plus policé et le plus intelligent parmi les aborigènes soi-disant sauvages de l’Amérique arctique. Leurs légendes et traditions offrent un enchaiuement qui les fait ressembler à des histoires. Ce sont aussi celles qui présentent le plus de rapports avec le Pentateuque.

(1) Ceci rappelle le nom que les anciens Égyptiens donnaient aux peuples de la race de Cham : Nabsi (les Noirs).

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