LE DIABLE DANSE
YA-TPÈH-NONTTAY DÈNË ANADLI
(LR DIABLE S’INCARNE)
Celui qui se propose de faire la magie vers le Déchu qui traverse le ciel doit se peindre tout le
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corps en rouge. Pour cela, il se dépouille entiérement de ses vêtements, il se frotte et se peint avec du vermillon, il se ceint la tête d’un bandeau, il redresse ses cheveux et les lie en un faisceau au sommet de la tête ; il ne garde pas le plus mince vêtement; il se fabrique une queue et des cornes, il se perce les bras avec une alène pour en tirer du sang.
Quard ce sont des femmes qui font le Diable (le Ya-tpéh-nonttaÿ), elles agissent de la même manière (1).
Alors on tresse des franges ou phylactères en poil de porc-épic, animal vicieux et colère, et on les place dans les mains du Jongleur, pour qu’il les lie et les délie autour de ses membres en invoquant le Déchu.
Tout ceci étant prêt, le magicien se met 4 quatre sur les pieds et sur les mains, comme une bête, et, ainsi agenouillé et prosterné, il chante, il s’agite de côté et d’autre, il blasphème, il hurle, il se met en fureur. Bientôt il tomb: en convulsions, en désirant de toute sa force la venue du Déchu, et voulant qu’il vole vers lui.
(1) Par tous ces détails, le lecteur doit voir que les Peaux- Rouges que l’on représente avec des cheveux hérissés en faisceau et le corps tatoué ne portent pas leur costume ordinaire. Ils sont parès pour la guerre, après svoir invoqué le disble et l'avoir attiré en eux, du moins selon leur persuasion.
À cette fin il chante :
— Au-dessus du Grand-Lac aux Truites, accours vers moi en volant!
Car le pays où le Déchu réside, c’est celui où s'étend le Grand-Lac aux Truites (1). C’est donc du Midi qu’il doit venir à tire d’ailes.
Cette médecine ne se fait que pour procurer la mort des ennemis. Celui qui s’y livre fait très mal, pensons-nous, car il désire la venue du Mauvais, et le Mauvais vient effectivement en lui.
DÈNÈ YENDIIWI