LE NÂH RAMPANT OU LE SERPENT
Jadis deux sœurs avaient bivouaqué après le départ d’une caravane en marche, vu qu'on était parti avant elles. Parvenues au bord de la mer, elles campèrent, et l’aînée demanda à sa cadette qu’elles couchassent ensemble. Mais elle ne le voulut pas, et campa seule.
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Tout à coup, l’aînée fut réveillée par un long sifflement; elle se leva et, au clair de la lune, inspectant les alentours du bivouac, là-bas, dans le portage qui descendait vers la mer, elle vit, étendu sur l’eau, un être semblable à un grand ver vivant. On l’entendait manger et brover les membres d’un être humain.
Aussitôt la jeune fille se glissa doucement autour du campement; elle avança en tapinois et en se cachant, elle courut vers la caravane et dit aux Dènè :
— Voilà qu’à l'instant même, le Néb rampant dévore ma sœur cadette qu’il a surprise.
Des hommes accoururent sur les lieux; après de longues recherches, on atteignit un grand arbre entre les branches duquel se cachait le serpent; mais ils ne purent venir à bout de le uer.
Alors une vieille femme se leva, et, lançant au serpent le petit bâton avec lequel elle tordait les peaux qu’elle tannait, elle le tua.
— L’estomac de ce monstre se trouve placé près de son. anus, dit-elle.
Elle jeta donc au Néh son bâton; il l’avala, et le bâton s’arrêta à l’anus du monstre, qui en mourut.
Ce fut ainsi qu’elle en vint à bout.
Une autre fois, deux frères étaient en quête de nourriture durant l'été. Il y avait du lard et de la viande sèche chez eux.
— Où donc sont les animaux? se demandaient-ils.
Tout à coup, ils entendirent siffler pendant la nuit et s’en étonnèrent.
— Mon ainé, dit le frère cadet, c’est évidemment le Grand-Ver qui produit ce bruit. Il mange sans doute là c" ;’on entend siffler. Courons-.
Les deux * :. transportèrent, et virent sur le sentier quelque chose de très gros et de fort long. Alors, ils se mirent en embuscade et se sauvèrent loin du monstre.
Il était beau, si beau que dès qu’on l'avait vu, on ne pouvait plus en détacher les yeux (1).
Ils lui jetèrent un grand os, la croupe d’un ruminant. Le Néh rampant l’avala; l'os s'engage: à son anus, il s’y arrèta, et le monstre en mourut.
(1) Dire que ces hyperbs . : 11 conservé un tel souvenir des grands serpents des gfuis ‘ ‘4 + st Boa, qu’ils connaissent mème la propriété de fascination «vu «es ophydiens exercent envers leurs victimes, alors qu'iln. « : . le plus petit orvet dans
tout le nord de l’An.érique au-delà du 540 de latitude !
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