LE MAIGRE
Un petit chien blanc arriva un beau jour chez des Dënè. Il se trouvait, dans la loge où il entra, deux jolies femmes, qui aussitôt se disputèrent ce chien.
— Ce chien sera à moi! Je veux l'avoir! s’écrièrent-elles.
Ce chien était maïgre, très maigre, il était à jeun depuis longtemps; pour atteindre la loge, il avait dû se jeter à la nage et traverser le fleuve. Il tremblait de froid. Les filles s’en moquèrent donc, disant :
— Que tu es maïgre, chien, que tu es maigre |
Un vicillard les reprit de leur manque de cœur.
— Pourquoi vous raillez-vousde ce chien? dit-il aux jolies filles. Ce n’est peut-être pas un chien; c'est peut-être un très puissant et habile sorcier.
Il prit donc le chien blanc, et il le plaça audessus du foyer pour le faire sécher ; il le mit sur le boucan afin que la fumée le séchât vite.
Tout à coup, le petit chien tomba de son échia-
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faud, et devint un grand monstre qui se jeta sur les habitants de la loge, les mordit, les tua, et les dévora. C'était Ekkwen.
Le vieillard avait grande envie de le prendre au lacet; mais il ne savait comment faire. Il alla donc chercher une grosse perche, à l’extrémité de laquelle il fixa un collet à orignal; puis il attisa le feu de manière à le rendre violent. Ekkwen rôdait autour du foyer cherchant une
nouvelle proie. Le vieillard lui passa son lacet.
autour du cou, le secoua, le tirailla pour l’étr2ngler, et finalement le jeta dans le feu, où il fit brûlé.
NÂH-DUWI