CHAPITRE U
U me fit 4onc enlrer dan* U pervie iAiéheur <U U maiftoo du 8<‘igoeur , et Jr vi» à tVnlrêe du temple du Seipieur , entre le Testibnle et l'autet , environ « ioft-cinq bummee qui tournaient le doa au temple du Seigneur et le viaage I rOrienl, et ili adoraient le soleil i MD lever. EaicniKk.
Remontons maintenant la rivière d’Ain jusqu’au port de Condes, l’ancien Condate des tables Théodosiennes. Là s’élève, du côté du nord, 1a haute montagne de Solier, qui nous semble déjà annoncer son ancienne consécration au soleil; là nous trouvons, au pied de cette montagne, des débris de construction romaine au Curtil Mas-Belin ; là nous avons recueilli, en 1847, des pendants d’oreilles portant la tête chevelue d’Apollon ; là se débitent sans tin des fables empreintes de l’esprit mythologique de l’antiquité (1).,
Le Curtil Mas-Belin nous parle clairement d’une dédicace de temple à Belin: mais, pour corro-
(I) Elles font l'objet d'HUtres ehapiircs
borer notre opinion, nous avons encore à montrer, non loin du village, du côté de Coisia , à la grange de Verchainps, un des simulacres naturels de cette divinité des Celtes, dans un aiguillon de rocher qui ressemble tellement à une statue que je croyais en vérité revoir le colosse de saint Charles Boromée sur la colline d’Arona. Les habitants de la vallée de Condes la connaissent et la nomment aujourd'hui la Dame de la Manche. La plus ancienne image d'Apollon chez les Grecs a bien été une aiguille de rocher !
En face de ce colosse taillé par les mains de la nature, en face du Mas-Belin, en face de la montagne du Solier, se montre, au-delà de l’Ain, le mont Saint-Jacques sur le territoire d’Ufelle ou de Dortans (1). Cette dernière garde encore des vestiges du même culte : à sa cime, la jeunesse de ces lieux vient se divertir autour d’un bloc de pierre qui a la forme d’une meule de moulin, et que l’on croit avoir été, dans un temps, posé en équilibre sur un autre rocher. Ce disque s’appelle la pierre qui vire. M. Favre, de Dortans, qui rendait compte en 1825 de cette particularité à la Société royale des antiquaires de France, ajoutait : « La tradition vulgaire est que c’était là un point de réunion des sorciers, et que cette pierre tourne à la Noël et à la Saint-Jean, à l’heure de minuit. » Or, les fêtes
(1) Dcpartrinent de l’Ain.
de Noël et de la Saint-Jean d’été sont deux époques solstitiales qui donnaient lieu — nous le répétons — à des solennités religieuses dans presque tout l’univers des anciens.
üfelle, village témoin des feux allumés sur sa montagne, porte un nom bien signiGcatif : ufel en celtique signifie feu , petit feu , bûcher. Ajoutons encore ici , comme témoin du culte de Beau , la montagne de Beauregard , qui est située sur le territoire ou au voisinage de Gondes (1), car il faut bien qu’un nouveau Beauregard vienne se placer ici sous notre plume , puisqu’il s’en trouve tant ailleurs, en pareil cas
(I) IHct. grog., hitl. rl ttalitt. , par MM. Roussrl cl Moreau.