‹ Traditions populaires comparéesChapitre 105 sur 386 · CULTE DL' SULEIL A MIRIBEL. SOI · texte numérisé non relu

CULTE DL' SULEIL A MIRIBEL. SOI

liuUe, à l’ouest; et je ne l’ai pas vu sans surprise, car le sol de la Bresse n’en fournit pas ; toute construction y est de brique ou de pisé.

Terminé par une aiguille de pierre, le torchetajru>//« justifiait bien son nom, puisque son menhirion était un simulacre du soleil.

En adoptant cette donnée, voyons maintenant si le paysage que nous avons sous les yeux nous offre assez de dénominations significatives pour nous persuader que le culte du soleil y était un culte spécial. Nous y découvrons à notre gauche les hameaux du Solêi/ et de Beau, les villages de Baïan et de Béligneux-, à notre droite, le pays yelin (Belin), d’où la commune de Vaux a pris l’appellation de Faux-en-Velin, qu’elle a gardée jusqu’à ce jour (1); puis enfin sur les Balmes Viennoises, le grand tumulus de/Verr«-Fratï«(3)autre monument des Galls, dont nous ne devons pas nous dispenser de dire quelques mots.

Son altitude au-dessus du niveau de la plaine est de cinq mètres sur une base de vingt ; il est assez vaste pour avoir reçu une grange sur son flanc septentrional. On a trouvé autour de cette

(1) Le Ü et le V «ont de même orgauc , et te tubstiluent volon lien dans la prononcialian méridionale.

(3) La carte do Cassiui porte Pierre Fille. Oii dil roinmunéiiiriil jiirrre frilr. Si c’est Pierre fraile, (|ui est son vrai nom , fraile pourrait venir de [raela, lirisée. On l'aurait détruite à ré|in<|ue de l’éla- Miksrment du ('.hrislianisme

'iyî CULTE DU SOLEIL A MIRIBEL.

butte arlifîcielle, appelée le Moleron, plusieurs squelettes. Â deux cents pas de là, git une grosse pierre granitique, étrangère au sol et presque enterrée ; elle a deux mètres cinquante centimètres de long, deux mètres de large, un mètre seize centimètres d’épaisseur. Estrelle à sa véritable place ? N’aurait-elle pas au contraire été primitivement à la cime du Moleron? N’importe, c’était un menhir , un monument solaire comme on en rencontre un si grand nombre sous le ciel de la Bretagne !

Il est temps d’en venir aux usages traditionnels de notre contrée, visiblement vouée au culte du soleil ou de Belin. La fête du grand astre y est encore célébrée tous les ans, au jour des brandons , comme à la montagne de Lheiite. Elle eut lieu en 1833. Nous savons que la jeunesse de Villeurbanne, commune limitrophe de Lyon, de Dessines et de Vaux-en-Velin, y a allumé des feux de joie comme les années précédentes et de toute antiquité. Il semble qu’en cela, elle n’a fait que continuer un usage qui fut autrefois plus général dans le pays. Les personnes des deux sexes y forment des rondes ; les jeunes filles , quand le feu a cessé de donner de grandes flammes, s’évertuent à le traverser ; et l’on a coutume de prédire à celles qui ont pu franchir le foyer sans accident qu’elles se marieront dans l’année.

Dans un roman musical (pii reproduit h^s usages de la Bresse avec fidélité , V Etang de la Rotiesière ,

par M, Francisque Gros, on rencontre le passage suivant ;

« Les deux jeunes gens furent bien surpris de trouver Toinette en cet endroit (sur la Poypede Brcignan); ils n’eurent pas le temps de lui parler, la flamme s’élevait, et la ronde commençait. Ils la prirent chacun par une main , puis la croyance étant que celui ou celle qui saute par-dessus le brasier sans toucher les brandons doit se marier dans l’année , entre chaque refrain , filles et garçons faisaient de leur mieux :

Aux brandous ! aux brandons !

Quelle longue farandole !

Attisons

Les tisons, etc. »

La coutume de sauter à travers de gros feux allumés en pleine campagne est d’ailleurs générale dans les provinces de l’est de la France, et sans doute en d’autres pays. Nous avons été à même de prendre part à ce Jeu dans notre enfance, et nous attachions volontiers à nos élans des idées de mariage, comme nous l’avions vu faire aux bergers.

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