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LA FEMME DE BA

chez nous, Bal était le même dieu que Belemu, ou l’ApoUon-soleil des Latins.

Nous allons en fournir un exemple qui nous semble assez clair.

Dans les hautes régions du département du Doubs, sur le bassin du Dessoubre, en face de l’ancien prieuré bénédictin de Vaucluse, je vis un jour de loin à la pointe méridionale de la côte de Saint- Claude ( ainsi nommée', dit-on , d’un saint ermite qui y serait mort dans une grotte) un certain rocher ressemblant à une femme assise au pied d’un escarpement taillé à pic au haut de la pente boisée de la montagne. Frappé de cette figure détachée de la masse, je demandai si cette aiguille de pierre avait un nom. — «Nous l'appelons la femme de B A, me répondit-on, et nous disons communément: La femme de Bâ met ses habits blancs au coucher du soleil, il fera beau demain; ou bien, la femme de BA met ce soir sa robe noire , il pleuvra. »

Les Grecs aussi aimaient à chercher leurs dieux dans de simples rochers. Pausanias a vu , dans l’Atlique , la roche qu’on nommait Niobé, et il dit que de loin elle avait l’apparence d’une femme qui verse des larmes. Toute la Grèce, suivant cet auteur, rendait autrefois les honneurs divins à des idoles de pierre sans art , qui alors tenaient lieu de statues. Cybcle était adorée dans une pierre informe chez les Galls de l’Asie, avec qui les Séquanes eurent beaucoup de rapports.

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