BERTHE-LA-SALVAGE
voit aussitôt les plus mutins se taire, se rendre à la raison, comme s’ils se sentaient frappés d'une baguette magique.
Et comme il est dans la destinée des Berthet qu’elles doivent donner le précepte et l’exemple en fait d'occupations féminines, Wilda-Berlha a soin de visiter les quenouilles d’une maison, et elle salit toutes celles .des filles paresseuses qui n’ont pas achevé do 61er leur lin à l’expiration de l’année.
La fée du Montbéliard, la tante Arie, qui remplit les mêmes fonctions relativement à la jeunesse et à l’enfance, frappe de la môme punition les jeunes filles en retard, en brouillant leur 61asse et leurs fuseaux, dans la nuit anniversaire où elle fait sa ronde.
Beaucoup de gens en Souabe mangent, ce jourlà, des boulettes de pâte et de harengs en son honneur, dans la crainte qu’ils ont de se voir couper le ventre par Perchta (même nom que Bertha) pour en retirer la nourriture qu’ils auraient prise avant les boulettes obligatoires. Cette offrande, composée de froment et de poisson de mer, rappelle bien une divinité, amphibie comme Herta, qui régnait sur la terre et habitait le Belt.
Ce sont les Suèves des bords de la Baltique qui ont apporté et conservé dans leur dernier séjour des bords du Rhin (aujourd’hui la Souabe), ce souvenir de Herte, dont le nom n’est que légèrement
IIEBTHK LA SAUVAGE.
luodiüé par une lettre initiale, B, de môme urgune que le V. On u dit Berte en Allemagne et Verte chez nous. Je n’ai pas besoin de faire sentir comment les Suèves nous ont transmis de pareilles croyances, puisque nos contrées sont restées aux Burgondes qui faisaient partie de la grande confédération suévique, et qui venaient précisément des bords de la mer baltique, où Tacite a placé le séjour divin de Herte.
On remarquera la frappante analogie que présente le mot JVelt employé par les .Vllemands pour la terre considérée en général, et le nom de Bell qu’ils donnent à une partie de la mer où était censé établie la mystérieuse résidence de la Terre.
Après cela, sommes-nous suflisamment autorisé à reconnaître dans les deux Bell de l’entrée de la Baltique le nom de J5cr<Ae(l)?
La Hongrie a aussi sa Berthe, fille de la reiùe Blanche-Fleur , et chère à ses souvenirs traditionnels. Enfin, nos Bretons qui ne font nulle difficulté d’attribuer à des femmes surhumaines les travaux dont la grandeur ou la difiiculté les étonne , font honneur à Main Berthe, c’est-à-dire à madame Berthe de la voie romaine d’Angers à Nantes
Nous rencontrerons encore ailleurs dos Berthe qui ne sont pas moins imaginaires, et qu’on nous donnera pour des princesses tout à fait historiques.
(I) Il n'y II qu'un l ù nicllrr à la plan- ilr l'r, romme on a dit , par rxcinplf , IVuillelme pour ffuillrrnir , ri falbala ]wnr furhala.