‹ Traditions populaires comparéesChapitre 145 sur 386 · LA FÉE VAUDOISE, ETC · texte numérisé non relu

LA FÉE VAUDOISE, ETC

Il arriva , un certain jour, qu’un des forgerons, nommé Donat , jeune homme de bonne mine , osa se présenter dans la baume. Une des fées ne prit pas trop mal sa témérité ; car, éprise pour lui d’une vive passion, elle lui promit de l’accepter pour époux , et de lui faire part de ses trésors , de son pouvoir , de ses secrets. Elle n’y mettait qu’une condition , c’était qu’il ne la verrait que lorsqu’elle jugerait convenable de se montrer ; et qu’il ne la suivrait jamais dans aucune partie de la caverne que dans celle où il se trouvait au moment de cet entretien. L’heureux ouvrier prit sans peine les engagements qu’exigeait de lui cette charmante protectrice.

Tout alla bien pendant une quinzaine. La fée avant donné à son amant deux bourses : chaque soir , elle mettait dans la première une perle , et dans la seconde une pièce d’or.

Cette union profane ne pouvait durer : le jeune aspirant , malgré son serment dicté d’abord par la sincérité, brûlait maintenant de pénétrer le mystère dont s’environnait sa divine future. Le seizième jour , après avoir pris ensemble , à midi , comme à l’ordinaire, un excellent repas , la fée entre dans un cabinet voisin , pour faire sa méridienne. Sitôt que l’impatient Donat la croit endormie , il entr’ouvre bien doucement la porte. Sa femme sommeillait sur un lit de repos. La longue robe de la belle était un peu relevée. L’indiscret! que voit-il?

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