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PLANTATION DES MAIS

jour de l’année celtique. J’ai lu des chartes qui mentionnaient ces élections de maieurg et d’échevins au mois do mai. Les assemblées électorales se tenaient au sein des forêts druidiques ; on y choisissait les magistrats et les Yalentines (1) : le maire pour régir les affaires communes dans le cours de l’année ; la Valentine, jeune fille à marier, pour présider avec son Valentin aux fêtes de la jeunesse. On leur rapportait deux arbres de la forêt pour en décorer leur séjour, et manifester par cette enseigne le double choix de la population.

Il parait même qu’à une période de temps trèsreculée, celle où nos pères obéissaient aux ordres des femmes sacrées de la Gaule, les fonctions municipales étaient confiées au beau sexe. Il est probable aussi que, dans l’origine, la personne choisie pour représenter la déesse de la Terre sur le char qu’on promenait dans les campagnes , était une de ses prêtresses, et nul n’ignore que ces filles inspirées étaient des vierges, en qui les Celtes reconnaissaient quelque chose de divin. Nul n’ignore également que les Galls s’étaient pliés au joug imposé par la femme, et que même, au temps d’Annibal, il y avait encore

(1) Oq se rappelle, à celte occasion, le ronuàn de Walter Scott , intitulé : la Jolie fille de Perth. Cette ville de Perth en Ecosse pourrait bien avoir été un lieu consacré à Herte , celte divinité qui est encore connue en Allemagne sous les noms de Berta et de Perchta. Le Comté de Perth est en face du Belt et du pays germanique, où la déesse de la Terre-mère était honorée.

EN l'honneur des MAIRES. ^{09

dans les Gaules des femmes chargées de rendre la justice. Sans doute, ces femmes -juges étaient de celles qui jouissaient déjà de l’ascendant que donne sur l’esprit du peuple l’autorité du sacerdoce; et nous voilà naturellement conduit à conclure que les sommités de la magistrature théocratique de nos cités gauloises et d’autres états, se composaient alors de filles sacrées telles que pouvaient être les Aurinie et les Velléda, sans les conseils de qui nos aïeux n’osaient rien décider dans les affaires publiques. De là peut-être cette maxime d’une portée si étendue et si généralement admise : toute autorité vient de' Dieu.

Et ne semble-t-il pas Wouver une dernière trace de cette constitution primitive dans 1e titre que portait, chez les Edus, le premier magistrat de Bibracte (1)? Le titre de vergohret que lui donne César ; celui de verg qui le distinguait encore en l’an 1200, et celui de vierg qui a subsisté jusqu’au dernier siècle, pour désigner le maire de cette ville, n’auraient-ils pas été continués par la force de l’habitude aux agents de l’administration, après la révolution politique qui avait jadis fait passer, des mains féminines à des mains mâles, le sceptre du gouvernement civil de la cité? Ainsi, Vergobret signifierait la vierge qui juge (2).

Pourn’être pas mal compris, répétons-nous. Nous n’entendons pas dire que le Vergobret, du temps de

(1) Autun.

(3) Bullcl dit que hreth « signilir jilgr , pI hreit scniencr.

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