LA VIERGE-MÈRE
daient un Dieu devant s’incarner, et, malgré sa puissance , souffrir la misère , les persécutions , les nécessités humaines... entin la mort ! La prédiction de sa naissance au sein d’une vierge était si accréditée, que, dans la plupart des théogonies, fut introduite l’incarnation d’un dieu.
a Les Egyptiens avaient à leur zodiaque la Vierge allaitant son fils. — Les livres sacrés des Brahmes déclaraient que lorsqu’un dieu s’incarne, il naît dans le sein d’une vierge, sans union de sexe. — Aux Indes , on a trouvé des peintures représentant Krischna dans les bras de sa nourrice. Tous deux ont une auréole autour de la tête; on dirait l’enfant Jésus et la Vierge Marie (1). — En Chine , la sainte Mère (la Mère de la parfaite intelligence) offre une étonnante ressemblance avec notre sainte Vierge. Elle était ordinairement , comme un secret , placée dans le fond du temple, derrière l’autel, et couverte d’un rideau de soie; elle tenait son enfant par la main ou sur ses genoux ; une auréole surmootait aussi leur tète (2). — Au Thibet , au Japon , les peuples ont dans leur persuasion qu’un dieu, voulant retirer le genre humain de la corruption, se rendit dans le sein d’une vierge et s’incarna. — Dans le Nouveau- Monde, la virginité n’est pas moins réyérée que sur le vieux continent ; non seulement les royaumes du
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(t) Il en sera question aillpiiis dans un rhapitre spécial.
DE LA TRADITION DNIVER8BLLE. 3i3
Mexique et du Pérou , mais même des nations barbares avaient aussi leurs traditions sur la Vierge. — Les Macéniques , peuples du Paraguay parlaient d’une femme d’une admirable beauté , qui , sans contact humain , enfanta un homme , lequel après avoir opéré d’insignes prodiges, s’éleva dans les airs aux yeux d’un grand nombre de disciples.
Chez les Germains , la Vierge avait un culte. Les Druides gardaient , dans l’intérieur du sanctuaire , la statue d’Isis , vierge, mère du libérateur futur. On sait que, dans plusieurs villes des Gaules , des autels étaient élevés à la Vierge qui devait enfanter ; qu’à Chalons , entre autres , on a découvert, il y a quelques années , des vestiges druidiques , dans une maison sur la place du Grail ; la tradition locale mentionnait , d’accord avec l’histoire , une chapelle souterraine , jadis dédiée par les druides à une vierge dont la statue portait cette inscription : Virgini pariturœ , druides.
Par l’attente du bienfait qui devait sortir d’une vierge, la virginité prit un caractère sacré. De là, sans doute , le respect , les immunités , les privilèges dont l’entouraient les institutions publiques. — En Amérique , à Rome , aux Indes , à Athènes , les vestales avaient leurs collèges. — Les druidesses , à cause de leur virginité perpétuelle , étaient réputées saintes. Les Pythonisses , les sybilles qui inlluaient sur les conseils des nations demeuraient vierges. — Pourquoi cet hommage unanime rendu
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à la virginité ? C'est qu'elle donnait aux peuples de la terre la plus douce espérance.
« L'attente générale est enfin satisfaite; Marie , la Vierge des vierges , est proclamée bien heureuse par toutes les générations, et reçoit les hommages de tous les peuples de la terre. La nature , à son réveil , pousse un cri de joie vers Marie et lui offre les prémices de ses dons. L'Église lui a consacré le mois le plus riant de l'année , et les fleurs du mois de mai forment les couronnes que lui présentent ses enfants. »
Si nous ne craignions pas de nous écarter de l'interprétation que donnent les Septante du nom de Maria (1 ) , nous ajouterions à ces opinions de .M. le chanoine G. , que Marie paraît être le même mot que Maire qui signifie vierge et mère, comme nous avons si souvent eu occasion de le répéter : il n'y a qu'une lettre à transposer dans ce nom.
(I) Murin, auuTtuim-.