‹ Traditions populaires comparéesChapitre 171 sur 386 · VILLES DES VIERGES · texte numérisé non relu

VILLES DES VIERGES

Ces Romains avaient la manie de substituer partout leurs divinités à celles des autres nations , dès qu’ils leur trouvaient le moindre trait de ressemblance : ils aimaient, comme les Grecs , à chercher leurs dieux dans les dieux étrangers. C’est ainsi qu’ils ont dénaturé nos traditions locales ; c’est ainsi également — je le suppose — qu’ils auront baptisée du nom de Minerve la Vierge des traditions universelles qui avait été honorée à Milan, à l’époque où cette ville était encore purement gauloise.

Car , avec sa terminaison latine , Mediolanum [ que les peuples du nord s’accordent à nommer Mailand ) n’est pas , au fond , une dénomination latine (1) : il s’est formé de la combinaison de deux termes , appartenant à la langue celtique , Mey ou Maid , vierge (2), et lan , sanctuaire ; Maidlan , indiquerait ainsi le lieu consacré à la Vierge ou aux Vierges.

Déjà longtemps avant nous , l’auteur d’une géographie latine avait pensé que mai dans Mailand doit se traduire par la vierge, et il en donnait pour

(1) Il y a des personnes , connues par leur enidilion , qui se persuadent que medio est latin et signifie au milieu ; et que lan vient du tudesque land et signifie terre. Elles disent en conséquence que mediolanum, mot hybride, voulait dire au milieu d'une contrée. Ce .serait fort difficile à prouver , parce qu’on ne connaît plus la circonscription des provinces, encore moins celle de simples contrées.

(2) Henri Schreiber 18%2. ftie Frenin F.uropa, p. 55, mey , virgo, puella.

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motif le culte de Minerve établi à Milan dam un temple qui fut , dès lors , dédié au Sauveur, puis à la Vierge Marie , puis à sainte Thècle : cet auteur avait parfaitement raison.

Nous n’approuvom pas moins Lamartinière , répété par Mentelle, d’avoir tiré Meido-hriga (nom d’une ville de l’antique Hispanie , aujourd’hui détruite) de la même source , en le traduisant par la ville de la Vierge ou la ville des Vierges.

Magdebourg est encore une ville de la Jeune- Fille , comme l’indique son nom tiré de Meigd ou Magi qui signifie en allemand jeune fille , bonne , servante ; et de bourg dont le sens se présente de lui-même.

« Avant l’établissement du Christianisme , les Saxons , qui habitaient le voisinage de l’Elbe et de la Gaal , adoraient une dhdnité du sexe féminin , dont le temple était dans la ville de Magdebourg , et qui inspira toujours, depuis, une certaine crainte, comme la naïade de l’Elbe. Elle paraissait à Magdebourg , où elle avait coutume d’aller au marché avec un panier sous le bras. Elle était pleine de grâce, propre ; et, au premier abord, on l’aurait prise pour la fille d’un bourgeois ; mais les malins la reconnaissaient à un petit coin de son tablier , toujours humide , en souvenir de son origine aquatique (1). »

(1) Collin dePlancy. Die/, infernal.

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